Prochainement sur Droit de Cités : Chateaubriand et moi sylphide réalisée, par Antonin-Tri Hoang (saxophone) et Elena Andreyev (violoncelle)

2010 février 8

Chateaubriand et moi sylphide réalisée est un atelier d’improvisation musicale dont  l’allume-gaz  est le volume des Carnets de Marcel Proust paru chez Gallimard.

Véritable mine poétique, rythmique, électrique, ces carnets sont l’expression d’une extraordinaire activité mentale. Quel est le son de cette activité, se demande-t-on à la lecture de ces carnets qui excitent un vouloir-entendre peu commun.

Nous choisirons à chaque rendez-vous  quelques fragments au hasard et qui seront les titres de nos improvisations.

Nous livrerons, à chaque rendez-vous, 2 à 5 « objets musicaux » d’une durée variable allant de 12 secondes à 12 minutes.

Nos séances seront enregistrées « en atelier », avec du matériel simple.  Peu (ou pas) de montage, à peine d’habillage.

Différence d’instrument,  de génération, de background musical, c’est  résolument  ce qui musicalement nous lie, par le biais de nos oreilles (comme porte-voix mentaux), que nous comptons explorer et fabriquer ici.

Antonin-Tri Hoang, Saxophone

Elena Andreyev, Violoncelle

A partir de fin février-début mars.

Amandine-Casadamont-sur-webSYNradio-4-fevrier-11-fevrier

2009 octobre 2

AMANDINE CASADAMONT

CONDUCTEUR  1.0

1) The tape Beatles « individual choice »
2) The Gerogerigegege «senzuri power up  Gero-p 1985 »
3) Set P Brundel « cri me a river 2001»
4) Charles Armikhanian « History of collage »
5) The tapes Beatles « wow we fell the amazing power »
6) Taniel Morales « de que se alimenta »
7) Flux Tellus :thomas schmit No. 13 from Sanitas-200 Theatre Pieces
8/ Flux Tellus :thomas schmit pl4
9) Flux Tellus :thomas schmit pl10
10) Flux Tellus : « georges Bretch » + James Tenney…
11) Taniel Morales « Que bueno $ 1000 cada hora »
12) Flux Tellus :thomas schmit pl6
13) Charles Armikhanian « RADII »
14) Amandine Casadamont & Angélique Tibau « Mad Map » épisode 1 (France Culture)
15) Pierre Albert Birot « Promethee »
16) Laurie Anderson « Born never asked »
17) Taniel Morales « usa tu cabesa »
18) Amandine Casadamont & Angélique Tibau « Mad Map » épisode 2 (France Culture)
19) Toshimaru Nakamura « Nimb # 9.1
20) Robert Ashley « interiors with flash »
21) Flux Tellus :thomas schmit pl12
22) Amandine Casadamont & Angélique Tibau « Mad Map » épisode 3 (France Culture)
24) Bernard Parmigiani « la roue ferris »
25) Claude Closky « Hydrastar » 5’37
26) The tape beatles « I’m think I’m in a heaven »
27) The tape beatles « logo »
28) Claude Closky « black list »
29) Philipp Glass « a secret solo »
30) Taniel Morales « intervencion de estela moon »
31) Pierre Albert Birot Promethee
32) Amandine Casadamont & Angélique Tibau « Mad Map » épisode 4 (France Culture)
34) the tape beatles « love song »
35) Flux Tellus :thomas schmit pl16
36) Jonathan Borofsky aka Jonnie Hitler « dreamer ‘s nightmare »
37) Amandine Casadamont « Les bons copains »
38) the tape beatles « I’m lonely »
39) Amandine Casadamont & Angélique Tibau « Derrière »
40) The tape beatles « rythm filler »
41) Walter Smetak « Akwas »
42) Flux Tellus :thomas schmit pl 20
43) Taniel Morales « Mejor en taxi. inconsciente colectiva »
44)amandine Casadamont « work in harmony »
45) Terry Fox « sueno interno 1979
46) Flux Tellus :thomas schmit pl 24
47) The tape Beatles « urgent rushing around »
48) Camille Bryen « tête de coq 1949 »
49) Charlemagne Palestine « Two fiths »
50) Amandine Casadamont « Ligne 2.0 »
51) Dj Food « raiding the 20th century»

amandine-casadamont

——
ECOUTER

Premières écoutes : Jeudi 4 février à 12h, 22h, 6H puis jusqu’au 11 février, mêmes horaires

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Ecouter la playliste de Amandine Casadamont sur votre lecteur

Podcast RSS2S’abonner au podcast

acasadamont-websynradio-600eng

——
ELEMENTS

Amandine Casadamont, plasticienne sonore, issue de la scène radiophonique (France Culture/France Inter…).

www.kit-cut.blogspot.com
www.myspace.com/amandinecasadamont
www.chantalchampagne.com

18 lettres à ma fille / chapitre 17

2010 février 7
by Arnaud Friedmann

Ce texte participe d’un atelier d’écriture en ligne

/ proposé par Arnaud Friedmann.

/ vous pouvez connaître la règle du jeu ici, si vous souhaitez participer et rédiger la lettre des cinquante ans, en adressant votre texte avant dimanche 14 février à 19h.

.

Ne vis plus. Sors Béatrice de son lit, la nourris, la regarde jouer. Néglige ses changes. Ne tiens que pour l’antépénultième lettre. Puis pénultième. Puis ultime, et enfin hôpital, repos, mort. La vie qui pèse à la fin, pas la peur. Presque hâte.

Effort pour regrouper l’énergie pour écrire. Trois lettres encore. Me suis empêché d’appeler la mère de Béatrice, abandonner tout de suite.

Laissé un message sur le répondeur d’Angélique. A dix heures, pour lui demander de ne pas venir. De ne plus venir.

Onze heures, pas venue. Déception. Puis, plus rien. Pas honte de ce que j’inflige à Béatrice. Rien que l’attente des lettres, et la hâte de la mort.

La fin des douleurs.
.

18 lettres à ma fille / lettre des 33 ans

2010 février 7
by Arnaud Friedmann

pas de lettres proposées par les internautes cette semaine.

la tentazione di abitare

2010 février 5
by Marta Orlando

contenitore

Nell’epoca della postmodernità o della surmodernità, per dirla con Marc Augè,  lo spazio è stato privato della propria storia. Il disprezzo o l’indifferenza per il vissuto dei luoghi, hanno promosso gli spazi a luoghi di consumo premeditato, di attese preconfezionate, di desideri effetto random. L’identità pubblica di una chiesa è la tabella indicante nome e secolo, la spiegazione dettata da una guida turistica virtuale per mezzo di auricolari, un quadro di cui si ha avuto già notizia leggendo un libro d’arte o un saggio critico.

Il paesaggio non viene più vissuto, ma attraversato, e ci si imbatte sempre più frequentemente in edifici che possiedono solo una pelle, che configurano questo paesaggio, in contenitori senza destinazione d’uso, vuoti, bianchi e perfettamente inutili.

Quintali di cemento e ferro sono lì in attesa di un completamento,ci si chiede, a distanza di anni perché siano stati costruiti, o perché non vengono smantellati, eppure rimangono lì, immobili a dare forma a luoghi che resteranno modificati per sempre.

Edifici come questi sono emblematici della condizione dell’uomo contemporaneo, lo spazio vuoto è lo spazio in cui ritrovarsi,  annulla ogni imperativo, disorienta la storia, prospetta una via di fuga.

Proust abbandonando la casa materna è angosciato, l’uomo postmoderno vuole curare Proust , e ha messo a punto una visione che annulla le differenze, che soddisfa le aspettative, che vince l’angoscia, l’horror vacui,la globalizzazione imperiale dei valori del mondo postbellico.

È difficile che un progetto sia istituzionale che urbanistico riesca a controllare e a regolamentare il caos delle periferie, uno dei contributi di rilettura di questi tessuti sono affidati puramente all’attraversamento di questi vuoti, e all’interpretazione intellettuale che può scaturirne. Ancora una volta ci troviamo di fronte a liquidi amniotici, difficili da gestire, la cui vera vocazione potrebbe essere proprio quella del Caos di Esiodo.

Text and picture by Marta Orlando.

10 Révolutions (135-134) / Pierre Vinclair

2010 février 4
by Droit de Cités

Révolution 135

Faut-il s’en émouvoir ? Certains, là-bas, suivent encore le Guide.

Derrière les hauts murs de leur ville, ils mettent au point ces armes que nous possédons depuis longtemps, avec lesquelles nous ne voulons plus jouer. Ils peuvent, dès lors, s’engager dans cette guerre qu’ils gagneraient peut-être – ils ne parviendront pas, lorsqu’ils franchiront leurs portes solides, hurlant dans cette langue que nous n’entendons plus (qui fut celle de nos pères, dont nous ne jurerions pas qu’il n’y a pas là qu’un cri, animal), à reconnaître leurs ennemis, s’ils les rencontrent ; car nous avons changé. Nous oublierons d’ailleurs leurs torts, s’ils acceptent d’abandonner leur masque, de disparaître dans la peau. Voilà bien longtemps, quant à nous, que nous n’acceptons plus pour guides

que des porteurs de bidons d’eau. Car nous lisons l’avenir dans les ouragans.

Révolution 134

Sapience avance. Sous peu, nous saurons imiter les tremblements de Terre.

Pour l’heure, essayons de comprendre ; tremblerait-elle de peur, ou signifierait-elle une colère ? demandent les traducteurs du peuple au Président. Ce dernier, c’en est un, pose son menton sur le poing, fronce les sourcils, et répond la voix grosse d’un oracle que ce n’est pas cette Terre à jamais immobile : mais c’est vous, gronde-t-il, c’est vous qui tremblez, lorsque mes soldats blancs tordent un bras au grand corps collectif qui vous contient, et que vous percevrez, bientôt, comme une prison. Nous rangeons nos micros, sans oser demander le nombre des cadavres qui, cette année, arroseront les sols d’un sang s’égouttant dans les grottes où l’uranium attend. Le sang

le salira, l’uranium. Le sang l’enrichira.

A K. à Q. à C. et à tous les codes / Pierre Le Pillouër

2010 février 4
by Droit de Cités

à K. à Q. à C. et à tous les codes

Envie depeur de me perdre

peur de l’envie de preder me avec de ces airs

de me reprendre et pendre et reprerdre dans la forêt parce que je sais où je vais :

dans la forêt ferrer et

faire

Forer.

For ever.

And For Eve.

D’entre l’antre où hante

le sanS des bêtes le sans rien qui sue

le travail

d     ans les fourrés tueurs

avec ces corps d’abel à chialer tant de remords

quand un ne devrait pas mourir

qu’est-ce qu’on donnerait tout de suite là

hein

pour qu’iiiiiiiil

ne meure pas ?

Ballotté par des chagrins bien plus inadmissibles

des écorchures de rien

ou le désir qui lance

l’influençable compagnon de déroute veut tout de même

célébrer

et la limande et le tout et le radis

le mot premier venu

rose rouge qui tourne

roue et rouée

C’est du départ qu’on a tous dans nos poitrines ?

tout signe est charnel

toute chair est signante

W hy have you

H ung

Y ourself ?

L’explosante fixe (sur Pierre Bruno) / Bernard Noël

2010 février 4
by Droit de Cités

Ce texte de Bernard Noël a été écrit pour préfacer un recueil plus vaste intitulé « Histoire de la littérature ».

EAU « ASIE » (prochainement en ligne sur Droit de Cités) est la première partie de ce recueil.

L’EXPLOSANTE FIXE

La lecture est une pratique désespérée : voilà un constat de Mallarmé dont on ne tient compte aujourd’hui ni pour lire, ni pour écrire. Il a surgi devant ce titre de Pierre Bruno : Histoire de la littérature, et à peine avance-t-on dans les pages qui suivent, que ce constat résonne sourdement autour de chaque texte en appelant cette autre pensée : «  L’humour est la politesse du désespoir » ! Comment peut-on écrire sans qu’écrire soit la conséquence de lire ?

Ou bien on fait de la littérature en instrumentalisant ce qui, une fois lu, l’est une fois pour toutes ; ou bien on n’en finit pas d’interroger dans le lu ce qui ne sera jamais relu de la même façon, et ce jusqu’au désespoir actif. « Ca ne s’assagit pas », constate Pierre Bruno. Mais qu’est-ce qui l’occupe sans répit alors qu’il semble poser toujours sa plume au bout de quelques lignes, quelques vers, et ne la reprendre que de loin en loin ? L’étonnant, dans son livre, est que d’emblée le fragment annonce une continuité, ou qu’en fait il l’appelle, et plus étonnant encore que cet appel agisse à rebrousse-temps – donc vers l’histoire -, et dans le fil du temps – donc vers l’avenir que secrète devant soi tout texte en s’écrivant.

Il y a de la finalité dans ce mouvement mais pas de finitude, ce qui change complètement l’enjeu du livre puisqu’au lieu d’aller vers la compensation, il avance dans le plaisir de sa propre dépense et en jouant de la gravité pour la jeter à ce que l’un de ses prédécesseurs appela  « les quatre vents de l’esprit ». C’est que la chose grave n’est jamais sérieuse aux yeux du lecteur désespéré de telle sorte que tout doit être traité légèrement, et par exemple dans le court-circuit du jeu de mots que Pierre Bruno déclenche à merveille : « Salut à plusieurs hydres : j’abaisse Jabot ; jaloux, j’abaisse edmond Jabot, jeune voix. » Le tout est de provoquer l’étincelle sans tomber dans la grillade : incendier l’esprit dépend de la vitesse de propagation : il s’agit d’éclaircir d’un coup et non pas de détruire.

Pierre Bruno excelle dans l’allusion, laquelle est un acte bref mais qui, au contraire de celui que qualifie d’ordinaire cette expression, a la vertu d’illuminer quand il s’exerce dans l’espace mental. Cette allusion raccourcit les distances quand elle s’amuse de l’Histoire ou des Œuvres. Elle peut aussi opérer des rapprochements incongrus, qui font fuser les différences ou exploser les incompatibilités. La conflagration verbale qui s’en suit paraît toujours minime (ou minimale), cependant gardez-la en tête un peu plus de temps qu’il n’en faut pour la lire et vous sentirez le souffle de l’explosante fixe ;

Pour un livre lu, combien d’iambes morts, non élus ?

Cime, terre.

La lecture est un massacre et un enterrement perpétuels de pans entiers de textes lus : l’ignorer, c’est pratiquer une lecture illusoire, celle des « cimes » ; en avoir conscience, c’est revenir sur « terre ». Combiner les deux, c’est se promener dans un cimetière en ne prêtant son attention qu’aux noms connus ou aux plus belles stèles. Il faut à tout moment dégeler le désir ou l’attention et rien de mieux pour cela – « Ô lu «  – que d’activer la présence de la lettre ou de la syllabe. Là, dans le roulement discret de ces osselets du vers ou de la phrase, survient un coup de dés verbal discret, qui rompt l’assurance du lecteur et le remet dans le vers, la phrase et le texte. Toute lettre détachée par ce roulement provoque en nous la minuscule fente mythique par où l’œil voit soudain l’étendue textuelle et la difficulté de l’envisager toute. L’art de Pierre Bruno consiste à construire une marqueterie de détails suffisamment significatifs pour qu’ils fassent exister un tout dont la présence, bien que virtuelle, convoque la réalité imaginaire qui est la terre de la poésie.

Mais voici, pour re-commencer, la citation complète de Stéphane Mallarmé, qui a son origine dans « La Musique et les Lettres », Divagations, Poésie/Gallimard 1976, p. 355 : « Strictement, j’envisage, écartés vos folios d’études, rubriques, parchemin, la lecture comme une pratique désespérée … »

Bernard Noël

BELLER Greg, Analyse et modèle génératif de l’expressivité : Application à la parole et à l’interprétation musicale.

2010 février 2

« On va bâtir des théories sur l’observation de données émotionnelles. »

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

« Il est difficile d’évaluer le degré de spontanéité, le degré de naturel. »

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

« La tristesse introvertie va posséder une hauteur plutôt grave. »

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

« La construction d’un programme informatique qui permettrait de modifier l’expression d’une phrase. »

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Consulter la page de Greg Beller sur le site de l’IRCAM

T256 / un atelier de Laurent Chambert : publication chaque 15 du mois à partir de février

2010 février 1
by laurentchambert

T256

….

….T256 est le titre donné en 2009 à la réactualisation du CD-Rom La Tempête 256, 1999.

….Version web : http://www.laurentchambert.com/T256/ind-t256.htm.

….Une mise à jour qui me conduit à expérimenter et tenter ainsi la définition d’un mécanisme mémoriel comme – à rebours. Il ne s’agit pas de remonter les sources vers un passé, la pratique d’une investigation, d’une archéologie, mais de s’en éloigner délibérément, de poursuivre en suivant attentivement le cours, la désignation, son mouvement. Il s’agit de rendre visible des correspondances activées aujourd’hui – de jouer le temps comme un plan, la dimension spatiale du processus mis en œuvre.

…. L’atelier ouvert sur Droit de Cités donnera à voir ces activations avec des textes, définitions, contributions, images, vidéos, sons. De nouveaux mots – clés – articulations pourront émerger et ainsi prolonger le travail d’écriture entamé. Les interventions (rdvs) s’organiseront avec l’utilisation des combinaisons de mots (12) inclus dans le premier disque (version web en accès libre).

éclair [..] foule

18 lettres à ma fille / chapitre 16

2010 janvier 31
by Arnaud Friedmann

Ce texte participe d’un atelier d’écriture en ligne

/ proposé par Arnaud Friedmann.

/ vous pouvez connaître la règle du jeu ici, si vous souhaitez participer et rédiger la lettre des trente-trois ans, en adressant votre texte avant dimanche 7 février à 19h.

.

La lettre des 30 ans, je ne la lui donnerai pas. Demain, je me le promets, je la retirerai. Dix-sept lettres, tant pis. Celle que je viens d’écrire me brûle encore les doigts.

Est-ce indécent de ne pas la retirer ? Je ne sais pas ce que je penserai, demain. Je me torture trop. Et trop souvent. L’ai trop souvent fait. A présent, juste envie de crever.

Comme dans la lettre. Je pensais ça ? Que j’accepte ma mort ? Que je l’ai souhaitée ? Que je l’attends ?

Il fallait que je l’avoue à ma fille ?

Plus que trois jours
.

18 lettres à ma fille / lettre des 30 ans

2010 janvier 31
by Arnaud Friedmann

pas de lettres proposées par les internautes cette semaine.

la tentazione di abitare

2010 janvier 29
by Marta Orlando

fiction

“…supporre ancora l’atemporale e sapere tuttavia che noi siamo tempo, che produciamo tempo, concepire l’idea di eternità e prediligere il nostro nulla, derisione da cui emergono sia le nostre ribellioni, sia i dubbi che nutriamo nei loro confronti…”

E.M. Cioran

Archizoom nel 1970 propone No-Stop City . Si tratta di un edificio abnormemente ingrandito, tanto da diventare, di fatto invisibile nei suoi confini. All’interno é uno spazio vuoto cablato, climatizzato e protetto dagli agenti atmosferici che può essere utilizzato per praticarvi qualsiasi attività; una distesa antropizzata dove tutto si muove, ma dove è possibile ritagliarsi un àmbito, una sosta al proprio errare nomadico. Precedenti di No-Stop city sono il supermercato e l’officina con i loro spazi indistinti dove gli addetti o le merci circolano liberamente, cambiando nel tempo le loro reciproche posizioni e configurazioni. Ma sono proprio le dimensioni dilatate di No-Stop City che permettono tre nuove possibilità.

Primo. Annullano la differenza tra architettura e urbanistica mostrando che, in una società fatta di flussi e di relazioni, non vi è che un problema: la gestione dello spazio unico della comunicazione.

Secondo. Oppongono alla logica dell’existenz minimum, fatta di muri e di barriere che delimitano ambienti angusti e tayloristicamente organizzati, quella della libertà del corpo e degli oggetti nello spazio illimitato.

Terzo. Denunciano, attraverso l’attenzione per ciò che è immateriale, effimero, mutevole, la fine dell’ architettura tradizionale intesa come composizione di oggetti, di forme, di stili.

Liquidata con poche e sprezzanti parole da Manfredo Tafuri ( »mostruoso connubio tra anarchismo populista e istanze liberatorie attinte dal Maggio francese ») No-Stop city ha influenzato la più avanzata ricerca architettonica contemporanea: dall’ infinitamente flessibile – almeno, nelle intenzioni- Centro Pompidou di Piano, Rogers e Franchini, sino alle ricerche di Koolhaas sul Bigness, sulla Generic City, sulla trasparenza.

Questo è il punto di partenza per i super-luoghi del terzo millennio.

Le mappe di google earth e street view definiscono virtualmente aereofotogrammetrie che se da un lato offrono il massimo della definizione,dall’altro sanciscono la fine della percezione dello spazio a misura d’uomo.

Text and picture by Marta Orlando.

Eternité / Pierre le Pillouër

2010 janvier 27
by Droit de Cités

ETERNITE

pendant que je bouge les lettres

je ne pense plus ni au départ ni à l’arrivée

ni à joindre aucun bout

ni à relier aucun mot

Un garçon de 8 ans arraché à sa mère (accusée de vol) et placé en foyer RT

tartine du St Moret sur son pain très long et lent

Comme mon frère j’ai parfois besoin d’éther

St Etienne de Tinée au cœur du Parc du Mercantour

est un village qui a été en partie détruit par le feu en 1929

reconstruit en 1930 avec l’aide de nombreuses autres communes de France

St Etienne et les flèch  et les flèches de tout bois

Un chasseur revenant de l’Aisne a oublié de ramener le corps du sanglier

il est resté dans le congélateur familial

comme la répétition

le haineux est nœud

du vivant

pendant que je bouge les lettres

je ne pense qu’au départ et à l’arrivée

à joindre les bouts

à relier chaque image et chaque mot

ETERTINE

10 révolutions (137-136) / Pierre Vinclair

2010 janvier 27
by Droit de Cités

Révolution 137

Ce dieu fut dans la bouche d’Allemagne. Qui nous assurera, en cas d’Apocalypse ?

Ainsi les prêtres questionnèrent-ils leur pape. Les informations nous manquent, répondit l’autre : les risques sont multiples, et le marché opaque. La fin des temps approche, ô mes garçons d’honneur : les tempêtes nous lèveront jusques aux cieux, les fleuves ravaleront nos corps. Alors qu’ils composaient ainsi leurs voix souveraines, au rythme desquelles dansaient, dans les églises, les hommes et les femmes de peu, le soleil fit des tours de table. On l’emprisonna dans un dossier, qu’on boucla. Et cette année-là, les prédictions se réalisèrent. Les vents destructeurs, en soufflant dans les orgues, prononcèrent ces paroles : vous êtes blessés, ô mes enfants ! Et l’on ne coud pas des cicatrices

à l’aide de chansons. L’histoire qui s’ensuivit n’est qu’un souvenir.

Révolution 136

L’espoir d’une retraite s’amoindrit. Les criminels fatiguent.

C’est peut-être parce qu’ils ont compris, enfin, que le monde n’est qu’une scène où se jouent d’intraduisibles désaccords, qu’ils ont abandonné, l’année de la cent trente-sixième révolution, cette manière habituelle de faire la politique qui, en en étant tout à la fois la preuve et le déni, les relance sans fin : les premiers ne l’avaient pas interrompue, cette bonne vieille guerre, ils ne prolongeront pas l’accord de trêve ; le second, qui commence à pâtir de son rôle de dictateur ou l’un de ses sosies, s’entraîne à la grève de la faim ; les caméras compatissent, travelling, et montrent enfin ceux-là, de simples meurtriers, venus des quatre coins de leur peine pour pendouiller ensemble

au bout d’une corde. Mais le soleil ne se lève pas mieux, sans eux.

18 lettres à ma fille / chapitre 15

2010 janvier 24
by Arnaud Friedmann

Ce texte participe d’un atelier d’écriture en ligne

/ proposé par Arnaud Friedmann.

/ vous pouvez connaître la règle du jeu ici, si vous souhaitez participer et rédiger la lettre des trente ans, en adressant votre texte avant dimanche 31 janvier à 19h.

.

Pour les vingt cinq ans, j’écris la lettre la plus longue. La plus sereine. J’oublie le temps, celui que je disperse dans la rédaction, et celui d’après, qui m’est compté. Plus jeune, quand la mort paraissait improbable, j’avais voulu composer des romans, je m’étais arrêté en chemin. Manque d’énergie vitale, là encore. Aujourd’hui, la lettre des vingt cinq ans s’écrit d’une traite. Un début et une fin. Peut-être un condensé du roman qui m’a toujours fuit, cette lettre d’adieu réussie à ma fille. Je devrais déchirer les autres. Je ne le ferai pas. Je n’aime pas me repentir. Me corriger. Je crois, ça aussi j’aurais dû le transmettre à Béatrice, que les ratures font partie de la vie.

Pour la première fois, je me sens honnête en parlant de moi. De moi, pas de mes rêves. Je reconnais dans mes descriptions de l’Italie l’exactitude de ce que j’y ai vécu. C’est ce que j’aurai eu de mieux, les séjours en Italie. Et Béatrice.

J’aurais voulu l’emmener en Italie. Me repaître de notre connivence autour des syllabes de l’hôtel quand on les aurait prononcées ensemble. J’aurais aimé voir la lumière dans ses yeux à leur simple mention, la guetter dans ses premiers sommeils au début du mois de juin, quand il n’aurait plus manqué qu’un mois pour revoir l’Adriatique, la savoir endormie abasourdie d’impatience et de joie mélangée.

Je me suis trompé. L’Italie, l’Adriatique, l’hôtel, c’était ma vie à moi. Béatrice trouvera ce qui constituera la sienne.

L’Italie, l’Adriatique, l’hôtel, c’était ma vie à moi. Je reste bercé par la douceur de leur évocation.

Quand la lettre est finie, je la range dans l’enveloppe. Je la dépose au dessus des quatorze qui la précèdent, du cédé, du cahier de citations, et en faisant ce geste le visage de la première fille dont j’ai été amoureux, à l’école maternelle, m’apparaît. Elle s’appelait Angélique.

read more…

18 lettres à ma fille / lettre des 25 ans

2010 janvier 24
by Arnaud Friedmann

pas de lettres proposées par les internautes cette semaine

Vers le mont / Pierre le Pillouër

2010 janvier 24
by Droit de Cités

Vers le Mont

Pour qu’Elle m’emmène

béate

il faut qu’en aise

son dos me dise

et soit de mise

Il faut qu’il dose

le blanc des poses

Il faut qu’il monte

sur tous les tons

Il faut qu’il dièse

Il faut qu’on ose

- Tu te rends compte e.faucon

que tu causes dos à Elle ?

que tu causes d’os à Elle ?

Et faux ?

La coupure décore

accroche cœur dans le même

Et rosse est ton Athos

10 Révolutions (139-138) / Pierre Vinclair

2010 janvier 24
by Droit de Cités

Révolution 139

Ç’aura été l’année du Père. Il nomme la crise, nous la maquillerons, en œuvre bénévole.

On dit qu’au centre de toute mer, il y a ce tourbillon qui nous appelle, ressort d’une case vide et toujours déplacée ; on dit que les vivants y viennent, à la nage, pour frictionner les pierres, jusqu’à trouver l’acte du feu ; on dit aussi que les rêveurs attribuent à cet orifice la paternité de leurs songes, et les amants de leur désir. Juste avant la bascule, à la fin, perdu dans ses propres fumées, s’il n’a pas ignoré la danse de nos vivants, un cargo les brûlera d’un peu de kérosène, ou leur coupera les bras – n’en finira-t-on pas, avec ces idolâtres ? Si d’autres pleurent, séquestrés où les adolescents deviennent, n’est-ce pas aussi d’en avoir bu des litres, de ce sang

perdu pour doubler les canaux ? Ils seront si heureux qu’ils ne le sauront pas.

Révolution 138

Les Romains eurent bien leurs gladiateurs ! Entrevoyons la possibilité d’une clôture.

Les Nations ont été les provinces de la Télévision, ou plutôt : les soldats, des acteurs terribles, faisaient face aux enfants, jusqu’à ce qu’on leur refuse un tel spectacle. C’était lui préférer, sublime, celui de batailles d’or ; elles continuent, sur les planches d’un théâtre cette fois imaginaire, la guerre entre les hommes. Dans les gradins, d’autres se lèvent : la matière sonnante a une âme, grondent-ils, elle saigne aussi, et remplacent cet or par des combinaisons de chiffres. Les ordinateurs chauffent, les mathématiciens s’agitent, mais les enfants pleurent : la guerre leur file, tout à fait, entre les doigts. Mignons, qu’ils aiment le sang ! Des corps suffiront-ils ? Les hommes qui tournent, sur la piste rouge,

courent derrière leur dossard. On dit qu’ils vont se rejoindre, qu’ils peuvent.

la tentazione di abitare

2010 janvier 22
by Marta Orlando

B-300x204b

“Lo spazio prende forma quando cominciamo a guardarci attorno”.

Lewis  Baltz

Quando si pensa allo spazio si prendono in considerazione solo gli elementi che possono contenerlo.

Poiché lo spazio è invisibile, la preoccupazione dei progettisti verte solo sul suo opposto, l’oggetto fisico, e quindi l’architettura.

Ma lo spazio non è un concetto empirico, pertanto la sua rappresentazione non può nascere dal fenomeno esterno ma l’esperienza esterna è essa stessa possibile prima di ogni sua percezione e rappresentazione.

Quando non esistono contenitori in uno spazio vuoto, che definiscono alcuna vocazione d’uso è lo stesso vuoto che deve in qualche modo assoggettarsi una forma. E con la forma si sottende un significato, seppure embrionale, da attribuire al vuoto.

Le periferie sono dense di residui urbani ancora in attesa.

Sono lì sospesi, tesi sopra il tempo, e in maniera anarchica e disarticolata con l’intero contesto tendono ad essere qualcosa.

Un contenitore negativo, un’assenza presente.

Terreni incolti, abbandonati, improduttivi percepibili solo con la vista, rappresentano tutt’ora una riserva per le diversità botaniche, e saltuariamente, in modalità provvisoria anche per le diversità umane, ricovero e rifugio per gente invisibile ai più.

Le loro tracce sono appena percettibili, lo spazio vuoto si fa portatore di significati, seppure incerti, reali.

L’architettura costruita, destinata alle grandi masse scompare in questi luoghi, cede il posto all’incerto, al non definito, al vuoto cosmico che ha l’instabilità di un liquido amniotico e che pertanto può diventare tutto ciò che vuole diventare.

Text and picture by Marta Orlando.

Présentation / Pierre Vinclair

2010 janvier 22
by Droit de Cités

« La poésie que j’essaie s’intéresse aux formes « archaïques » d’écriture, mêlant le chant à la narration, ancrées dans le social et le religieux : après Barbares (Flammarion, 2009), triptyque composé d’une épopée, d’une tragédie et d’un cantique, 139 révolutions est une tentative, en dégraissant chaque année depuis 1871, d’élever son contenu trivial jusqu’à l’étrange beauté des mythes. Je suis actuellement en résidence à la Villa Kujoyama (Kyoto) pour travailler sur les rapports entre la matière urbaine et la théogonie. »

Pierre Vinclair (notice)