Berlinde de Bruykere

2015 mars 18
Par Dario CATERINA

Accéder aux articles de → CHRONIQUES, Sur l'art / Dario Caterina

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Berlinde De Bruyckere[i]

Lors d’un voyage à la Biennale de Venise avec les étudiants de l’atelier de sculpture, nous avons eu l’occasion de voir l’installation de l’artiste dans le pavillon belge. L’œuvre présentée était remarquablement mise en situation de scénographie et de recueillement — chamanique ? —, comme une présence non naturelle d’une humanité mêlée à la nature. Le (un) corps (arbre) meurtri de la nature (humaine).

Pour entamer cette chronique, nous devons penser à l’image de la douleur dans les pratiques artistiques et dans l’histoire des hommes et des diverses cultures du monde. Il n’est pas sûr que l’artiste soit dépositaire de la possibilité d’incarner à la faveur de ses œuvres une vérité sur la condition humaine qui réunirait autour de lui l’ensemble de cette part d’humanité. Il semble difficile de comprendre, à l’aune de notre morale contemporaine, les sacrifices humains réalisés depuis l’histoire des civilisations avec tout ce que cela comporte d’identification religieuse, chamanique, ou de croyances et superstitions de toutes sortes. Déjà par le passé, la nature était considérée comme un être vivant par bon nombre d’humains qui réalisaient intuitivement la nécessité de préserver les biotopes avec lesquels ils se sentaient en symbiose et redevables de leur existence.

Il semble bien que le problème de l’écologie contemporaine ne fasse somme toute que réintégrer dans notre époque la nécessité de rétablir une conscience de la chair du monde à travers les animaux, les paysages, l’eau, le vent, les saisons, etc. L’arbre dans cette nouvelle conscience des dangers qui nous guettent est un symbole précieux, la métaphore d’une nature indispensable à notre bonheur.

Bref, Berlinde De Bruyckere n’échappe pas à cette remarque, mais avec une nuance de taille : la sincérité de son propos semble nous embarquer dans un voyage de vérité qui trouble la conscience des spectateurs par l’existence d’une réalité décalée, mais ô combien actuelle.

Beaucoup d’essais artistiques ont proposé différents points de vue sur de nouvelles formes supposées représenter, aux yeux des artistes, l’idéal de conception qui fait sens. La forme — ou le concept — qui symboliserait une catharsis philosophique de ce qui est mais que l’on ne voit pas, sauf à le découvrir dans sa représentation universelle, rechigne à se livrer. L’exemple des artistes minimalistes qui ont permis de représenter un univers mental le plus pur possible a fatalement provoqué la réponse contraire d’autres artistes. Le retour du corps dans la quête de sens de l’art contemporain actuel est, somme toute, un juste retour de balancier.

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Nous avons déjà attiré l’attention du lecteur sur la difficulté que notre culture contemporaine actuelle montre à accepter une esthétisation de la souffrance. Les œuvres du peintre Bacon avaient inauguré en leur temps la douleur — psychique ? — mise en scène dans un assortiment coloré que n’aurait pas renié Yves Saint Laurent. Ce décalage mis en scène dans les tableaux parfois vitrés permettait une intériorisation décalée totale de l’énergie de la peinture, comme la tradition de la peinture le permettait par le passé et que Bacon revisitait à la faveur de l’art moderne. Nous sommes nombreux à apprécier l’art de Bacon et à le considérer comme l’un des plus grands artistes du XXe siècle. Y a-t-il un hiatus entre une vision de l’art qui éloigne le sujet du spectateur par l’utilisation du modelage de la peinture et le rend ainsi immatériel… et la récente prégnance terre à terre dans l’art contemporain actuel d’un certain réalisme qui va encore plus loin que l’hyperréalisme du pop art ? La réalité n’est pas la vérité…

Il n’y a pas de différence entre la peinture et la sculpture quand les deux pratiques utilisent le modelage comme expression. Les œuvres de Berlinde De Bruyckere

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sont particulièrement adaptées au territoire actuel des interrogations de toutes sortes qui participent de l’analyse de notre monde où l’écologie est devenue un élément constitutif de notre nature d’humain. Elle définit une réalité future qui globalise les angoisses et les peurs de la réalité actuelle de notre existence. Si l’on compare aux œuvres de Damien Hurst, avec ses animaux sous formol, il y a certes une première fois où un artiste utilise la matière vivante comme tube de couleur — dirait Duchamp. Damien Hurst n’est pas le seul. Un photographe comme Joel-Peter Witkin et certainement d’autres artistes ont ouvert la voie. La taxidermie existe depuis le temps des pharaons, et les tableaux de chasse ont permis d’immortaliser les animaux « prédatés » par les amateurs de trophées de chasse suspendus dans les demeures patriciennes comme des œuvres d’art… La chair animale ne les dérangeait pas… Berlinde De Bruyckere vise l’imitation du corps humain en utilisant à la fois la taxidermie, la cire et la peau d’un cheval. Elle fut une des premières à exploiter la métaphore de la nature (notre monde) qui souffre dans le prolongement de l’homme (le Christ sur la croix)

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Le cinéma documentaire et de fiction, à travers plusieurs films dénonçant les réalités du monde qui dérangent l’ensemble des morales qui gouvernent notre sensibilité contemporaine, a souvent frappé pile là où ça fait très mal. L’exemple d’un film très remuant de Jacopetti[ii], Mondo Cane, reste comme le premier plaidoyer contre l’horreur au quotidien. La réalité est donc une arme extraordinaire contre une forme de cécité qui nous gagne tous plus ou moins et diversement. L’information télévisuelle, à travers les médias de l’image et les réseaux sociaux, nous a habitués à la pornographie de la mort sous toutes ses formes. Nous n’avons pas besoin de fiction pour côtoyer le dégoût, l’horreur et la vraie peur. La réalité suffit… mais ne s’agit-il pas seulement d’une part de la vérité ?

C’est peut-être pour cette raison que l’art, quand il interprète la réalité du monde, est en décalage avec celui-ci. Politiquement, l’artiste a un temps de retard qui est sujet à caution. L’esthétisation de la douleur du monde devient une posture pédagogique « poétisante » dans la chic attitude des galeries high-tech… Il est trop tard, sauf pour une dénonciation des faits, comme un médicament retard au constat.

bd61 Berlinde de Bruykere 1812                                   1943             1985                                             2015

Inévitablement, la question de l’art et de son action culturelle se pose dans des contextes partisans. Est-ce bien là que l’on attend son action ? Pourtant, les artistes ne peuvent être dans la cécité d’un monde qui les interroge sans cesse sur leur utilité à construire une culture de sauvegarde de la meilleure part de notre humanité.

Comment œuvrer au salut du monde en exerçant le métier d’artiste et construire une réponse positive libératoire ? De fait, les donneurs de leçons sont les premiers à essuyer les critiques. Les artistes peuvent passer leur temps à revisiter les faits a posteriori pour leur donner du corps. La force que peut contenir la représentation réaliste des horreurs commises il y a des lustres au cours des guerres et des conflits de toutes sortes permet de dire sa colère en l’incarnant dans des œuvres d’art. Le rôle critique des artistes est utile dans la mesure où ce besoin naît intimement, en profondeur, dans les fondations de l’œuvre de certains. Ce n’est pas le cas pour tous les créateurs. Certains artistes penchent plutôt pour une distance vis-à-vis de la réalité du moment. Celle-ci est parfois trompeuse dans sa substance. Avoir le nez sur les faits ne dit rien des implications à long terme et des ramifications des effets de toutes sortes qui découlent lentement des actions commises par le passé, et dont on constate seulement maintenant le résultat négatif… Ce qui est en cause, c’est la théorisation de l’art quand celui-ci est conçu comme une critique du monde existant — par voie de conséquence contemporaine — qui ne laisse aucune place dans les esprits pour toutes les autres interprétations du monde à long terme. La polémique sur l’art public[iii] vient apporter du grain à moudre sur cette question. En effet, l’idée que les installations d’œuvres d’art dans les espaces publics n’apportent que des œuvres consensuelles — et donc non critiques du biotope social dans la cité —, est une vision simpliste de l’activité artistique récente. Du moins si l’on considère que l’art doit se réduire à la critique sociale et politique du présent. C’est réduire l’art à une action terre à terre de la poésie… alors que bien d’autres voies sont encore à explorer sur les profondeurs des émotions poétiques et l’aura du néant.

Ce qui semble difficile à réaliser dans notre monde contemporain, c’est un investissement différé dans les tentatives de construire une définition du cosmos. Tout s’accélère, au point d’empêcher la distanciation nécessaire à la compréhension des phénomènes auxquels nous assistons, en n’ayant pas le recul suffisant pour comprendre la phénoménologie de la réalité du vécu. Nous n’ignorons pas les moyens que la pensée ultralibérale de notre monde occidental a mis en place tout au long de ses révolutions industrielles, pour devenir la plus grande boutique des pays démocratiques — et non démocratiques — du monde. Cette première place est en passe depuis quelques décennies d’être investie par la Chine, qui fait mieux que les États de l’Occident en polluant l’atmosphère et le biotope autant que l’a fait le monde occidental depuis la révolution industrielle du XIXe siècle… avec pour seule réponse des Occidentaux (le trait est un peu exagéré) de rouler à vélo pour sauver la planète et de fermer le robinet d’eau froide quand ils se brossent les dents…

Bref, la société libérale occidentale a érigé en mensonge la communication à destination de sa population autour du rêve américain conquérant le monde. Elle a construit une culture de la consommation qui a conduit la population à l’aliénation à un bonheur factice basé sur une consommation débridée d’objets. Cette aliénation gagne le monde : l’exemple des coupures de films à la télévision pour vendre leur salve de produits et de la « daube » de feuilletons de téléréalité aux scénarios affligeants est stupéfiant. Ce résultat, ils l’ont obtenu en érigeant le mensonge subliminal publicitaire comme une culture de la communication des images du réel… Les dirigeants chinois, eux, ne prennent pas de gant avec leurs artistes, ni ne demandent l’avis des populations sur les restrictions de leur liberté.  La trouvaille des Chinois est de produire le poison pour asphyxier le monde occidental tout en finançant le processus par l’argent du libéralisme.

Ce n’est pas tant l’avidité de l’argent à la faveur du goût des affaires de l’occident et de l’orient qui est le pire désastre que le vide dans les esprits, nécessaire au commerce journalier, c’est-à-dire une culture qui renonce à l’existence pour s’incarner dans un paradigme de vitesse consumériste… paradigme qui gagne le monde

Nous avons déjà abordé la réaction italienne du slow food et du slow life… peut-être les journalistes et les artistes doivent-ils eux aussi refuser la pornographie de la réalité à la faveur d’une déconstruction de l’image du désastre comme activité du quotidien à la télévision ou dans les ateliers… Parfois, l’œuvre de certains artistes[v] n’échappe pas à la dérive du dollar… et à la malbouffe de l’art, comme le dit si bien Art Press.

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Notre époque contemporaine est visible et hyperréaliste. Avoir le nez dessus détruit la vraie communication du sens de la politique d’une culture sociétale. Les politiques se trompent, les économistes se trompent, les artistes se trompent, etc. Si nous nous contentons d’être des acteurs travailleurs de la politique au jour le jour, nous perdrons — peut-être ? — toute possibilité d’imaginer le monde tel qu’il est réellement…

Contraria contrariis curantur

Dario Caterina

Le 5 janvier 2015.


[i] Berlinde De Bruyckere est une artiste belge qui, comme beaucoup d’autres depuis deux décennies en Belgique, représente son pays au plus haut niveau international de l’art contemporain. Jan Fabre, Panamarenko, Luc Tuymans, Wim Delvoye, Bob Verschueren, Freddy Beunckens et bien d’autres, perpétuent la visibilité d’un esprit artistique « belgicain » très varié.

[ii] Jacopetti, avec son film Mondo Cane, a bouleversé la communication de l’image au cinéma vers le spectateur. Le documentaire de fiction cinématographique a trouvé aujourd’hui un relais un peu différent dans sa conception avec le travail des artistes vidéographes actuels.

[iii] La polémique qui pointe au sujet de l’art public est significative du cadre idéologique que l’on tente de coller autour du rôle des artistes d’art contemporain. Certains souhaitent les cantonner dans un rôle critique sociologique de notre monde actuel. Il faut y voir un souci des partisans de ce point de vue : la volonté de récupérer l’argent public alloué à la production d’installations in situ pour le réinjecter dans les budgets des commissaires d’exposition à qui il en faut toujours plus pour assouvir leur art… Les belles expositions thématiques…

[v] Jeff Koons est à l’art ce que la malbouffe est à la cuisine, c’est la sentence d’Art Press… L’Amérique a tout inventé de notre monde contemporain, le meilleur comme le pire…

Les territoires sonores de Yannick Dauby

2015 mars 17
Par Dominique BALAŸ

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Rendez-vous du 19 mars au 2 avril sur webSYNradio pour écouter le programme de Yannick Dauby.
SYN flyer180 Yannick Dauby eng600 Les territoires sonores de Yannick Dauby

http://synradio.fr/yannick-dauby-sur-websynradio-19-mars-2-avril/

KALERNE
Une promenade d’écoute plongeante, hésitante et virevoltante, sur les territoires de Kalerne.net

Improvisations in-situ, phonographies naturalistes, compositions électroacoustiques, fragments radiophoniques, entretiens, ateliers pédagogiques et documents ethnographiques provenant des archives en ligne ou des publications physiques de Kalerne.

Avec les sons de Yannick Dauby, Olivier Féraud, Christophe Havard, Hitoshi Kojo, Marc Namblard, Olivier Namblard, Michael Northam.

Le label Brocoli fête ses 10 ans sur webSYNradio

2015 mars 2
Par Dominique BALAŸ

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Rendez-vous du 5 au 19 mars sur webSYNradio pour écouter la playliste de Geoffroy Montel & Franck Marguin.

SYN flyer179 Brocoli eng600 Le label Brocoli fête ses 10 ans sur webSYNradio

http://synradio.fr/franck-marguin-geoffroy-montel-les-10-ans-du-label-brocoli/

LES 10 ANS DU LABEL BROCOLI

En 2015, nous fêterons les 10 ans du label Brocoli et du premier album du groupe Minizza, tous les deux fondés par Franck Marguin et Geoffroy Montel. L’occasion de revenir sur le catalogue du label, quelques influences, et de découvrir quelques raretés du groupe et des nombreux collaborateurs et amis qui l’entourent et qui leur ont fait confiance.
Avec les sons de Coil, Minizza, That Summer, Erlend Øye , Michel Chion, Pierre-Yves Macé , Sylvain Chauveau, Sebastien Roux, Vincent Epplay, Rainier Lericolais, Quentin Sirjacq, David Sanson, The Legendary Pink Dots, 0 (for radio), Nico And The Red Shoes, ON, Etienne Bonhomme, Daniel Palomo Vinuesa, Nurse With Wound, Edward Ka-Spel …

WHAT REMAINS ON THE TAPE ? : cycle inédit de ANTON MOBIN sur webSYNradio

2015 février 15
Par Dominique BALAŸ

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Rendez-vous du 19 février au 5 mars sur webSYNradio pour écouter le cycle d’inédits de Anton Mobin.

what remains on tape anton mobin websynradio1 1024x617 WHAT REMAINS ON THE TAPE ? : cycle inédit de ANTON MOBIN sur webSYNradio
http://synradio.fr/anton-mobin-sur-websynradio-du-19-fev-au-5-mars/

WHAT REMAINS ON THE TAPE ?

« Invité par Dominique Balaÿ à concocter une playlist pour WebSYNradio, je décide de revisiter mes expériences réalisées autour du support cassette depuis 2013.

En reprenant les modèles, contraintes et concepts de ces expérimentations basiques, voici une heure trente de compositions inédites pour WebSYNradio. Cette playlist présente quatre parties distinctes de mon travail avec les cassettes audio : la manipulation de bande magnétique, l’improvisation, la composition pour bande 4 mm et l’archive sonore. » A.M

SYN flyer178 Anton Mobin eng600 WHAT REMAINS ON THE TAPE ? : cycle inédit de ANTON MOBIN sur webSYNradio

Rendez-vous at webSYNradio from February 19th -> March 5th to listen to Anton Mobin’s program.

Pali Meursault présente les artistes du label Universinternational

2015 février 4
Par Dominique BALAŸ

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Rendez-vous du 5 au 19 février sur webSYNradio pour écouter le programme de Pali Meursault qui nous fait découvrir LES ARTISTES DU LABEL UNIVERSINTERNATIONAL

SYN flyer177 Pali Meursault eng600 Pali Meursault présente les artistes du label Universinternational
http://synradio.fr/pali-meursault-sur-websynradio-du-5-au-19-fev-2015/

« Universinternational on websynradio » est un continuum sonore très fouillé de Pali Meursault, avec moult artistes et amis invités, souvent par 2 : Eric Cordier, Philippe Petitgenêt & Francois Martig, Thomas Tilly, Frédéric Nogray & Yannick Dauby, Juliet Quinn, Manolie Soysouvanh, Dinah Bird & Jean Philippe Renoult, Helena Gough, Maxsims Shentelevs, Pierre Faure & Christian Malfray, Michael Northam & Seijiro Murayama, Mathieu Werchowski, Michael Northam, Frédéric Dutertre …

incite/ and beyond

2015 janvier 21
Par Dominique BALAŸ

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Rendez-vous du 22 janvier au 5 février sur webSYNradio pour écouter la playliste d’incite/ Kera Nagel & André Aspelmeier.

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incite/ and beyond

Une sélection de titres proposés pour webSYNradio par le duo incite/ formé des artistes hambourgeois Kera Nagel & André Aspelmeier. Sont inclus également des remixes d’autres musiciens, dont un somptueux titre de leur ami uruguayen Cooptrol, et des titres issus de leur recherche solo respective (axiomatic integration pour Kera Nagel; GradCom pour André Aspelmeier).

http://synradio.fr/kera-nagel-andre-aspelmeier-du-22-jan-au-5-fev/

Inédits de Juan Antonio NIETO sur webSYNradio

2015 janvier 3
Par Dominique BALAŸ

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Rendez-vous du 8 au 22 janvier sur webSYNradio pour écouter le programme de Juan Antonio NIETO.
http://synradio.fr/juan-antonio-nieto-sur-websynradio-du-8-au-22-janv-2015/

SYNradio flyer175 Nieto fra600 Inédits de Juan Antonio NIETO sur webSYNradio
BROKEN IMAGES

Broken Images est une compilation des dernières réalisations de Juan Antonio Nieto certaines déjà éditées en album et d’autres totalement inédites.
Tous ces titres sont différents dans leur forme et leur intention, mais l’ensemble a été sélectionné pour fonctionner comme comme un « album » complet.

Juan Antonio Nieto est un artiste sonore espagnol. En 2007, sa collaboration avec David Velez a été distinguée comme meilleur album de l’année par la revue Earlabs. En 2012, la radio nationale espagnole lui a consacré une émission avec une diffusion monographique de son travail. Il se produit en concert à travers toute l’Europe et aux US.

Inédits de Seth Cluett sur webSYNradio

2014 décembre 24
Par Dominique BALAŸ

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Rendez-vous du 25 décembre au 8 janvier sur webSYNradio pour écouter le programme d’inédits de Seth CLUETT.
SYN flyer174 Seth CLUETT eng600 Inédits de Seth Cluett sur webSYNradio
http://synradio.fr/seth-cluett-sur-websynradio-du-25-dec-2014-au-8-janv-2015/

TRACING MOVING CIRCLES

Que ce soit le fait de tracer une ligne, d’imprimer chimiquement de la lumière sur du papier ou recueillir un son à travers un microphone , tous ces actes mimétiques liés à l’enregistrement – qui font entrer des traces du monde dans l’indice de la mémoire culturelle et personnelle – ne constituent pas en eux mêmes toute la mémoire , mais ils sont de puissants catalyseurs pour l’imagination . Comme la pluie qui tombe donne forme aux toits ou comme les flots sculptent la pierre sur laquelle ils roulent, la persistance des objets enregistrés semble tendre vers une forme de permanence ; elle revendique et érode l’espace, tout en gravant un script dans la pensée.

Les pièces réunies ici pour webSYNradio sont des documents inédits issus de l’écheveau de mon travail réalisé ces dix dernières années.
Seth Cluett

Seth Cluett est un artiste , compositeur et écrivain américain . Son travail explore des actions du quotidien en leur appliquant un examen très minutieux et des effets de loupe extrêmes, qui les transforment en autant de tâches impossibles. Il a présenté son travail sur les cinq continents dans des lieux comme le MassMoCA, The Kitchen, GRM, Palais de Tokyo, STEIM, et Dundee Contemporary Arts.

Rubén Marino Tolosa en totale résonance sur webSYNradio

2014 décembre 10
Par Dominique BALAŸ

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Rendez-vous du 11 au 25 decembre sur webSYNradio pour écouter tous les jours à 14h le programme de RUBÉN MARINO TOLOSA.
Rendez-vous at webSYNradio from december 11th -> december 25th to listen to RUBÉN MARINO TOLOSA’s program.

SYN flyer173 TOLOSA fra600 Rubén Marino Tolosa en totale résonance sur webSYNradiohttp://synradio.fr/ruben-marino-tolosa-sur-websynradio-noel-2014/

LUX RESONARE

Cette sélection d’œuvres musicales, sonores ou empruntant à l’art radiophonique sont une synthèse du travail de Rubén Marino Tolosa. Elles sont issues des trois éditions du festival qu’il a organisé dans la petite ville de San Justo, Santa Fe (Argentine), balayant un vaste panorama : de la culture rock aux paysages sonores en passant par l’expression musicale sacrée.

avec les sons de : Chris Hinze, Invisible, Rahim Alhaj, Buddhist Monks of Drepung, Pablo Marquez, Eric Satie, Anna Raimondo, Carlos Negro Aguirre, Janina Angel Bath, David Lebon, Renata Roman, Soda Stereo, Michael Hoenig, Hermeto Pascoal, David Rothenberg, Antonio Zepeda, Fer Isella , Carlé Cost, Zahra Mani, Irina Mikhailova, Sally McIntyre, Gustavo Cerati, Daniel Melero, Peter Michael Hamel, Valentina Villarroel Ambiado…

Rubén Marino Tolosa est un Dj, curateur musical, producteur radio, poète. Né dans la ville de San Justo, Santa Fe, Argentine (où il réside actuellement), il se consacre depuis 2009 à une vaste enquête sur les pratiques radiophoniques à travers le monde, notamment autour de l’art radiphonique et de l’espace sonore. Ses multiples projets construits en échos visent à promouvoir une « écologie sonore » qui prend en charge une conscience renouvelée du monde, y compris dans une perception spirituelle.

L’art contemporain actuel n’est pas seul.

2014 novembre 25
Par Dario CATERINA

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Doc6 tres bon2 L’art contemporain actuel n’est pas seul.

Art historique                                                  Art contemporain actuel


L’art contemporain actuel est-il un mouvement esthétique parmi d’autres, tels l’art classique contemporain actuel et l’art moderne contemporain actuel ? L’art contemporain actuel s’inscrit-il dans un paradigme ontologique parmi d’autres ? Faut-il combattre la doxa qui règne dans les esprits éclairés qui considèrent que l’art contemporain actuel a remplacé tous les mouvements artistiques qui existaient avant lui ? L’art contemporain actuel résiste-t-il à son autoquestionnement : est-ce de l’art ? L’art contemporain actuel est-il une excroissance pédagogique « poétisante » de la sociologie ? Les artistes entrepreneurs ont-ils adoubé l’idée selon laquelle l’art est devenu un secteur libéral comme les autres, business is business, etc. ? Est — ce dans l’authenticité du vécu esthétique que réside le beau corps de la politique? L’ intelligibilité du monde est-elle réalisable sans la philosophie quantique[i]?… Ouf…

Y a-t-il nécessité à n’avoir qu’un seul paradigme[ii] pour que l’art contemporain actuel puisse incarner, à lui seul, l’art d’une nouvelle civilisation ?


Doc3 tres bonnes3 L’art contemporain actuel n’est pas seul.

Art historique                         Art moderne historique                Art moderne contemporain actuel          Art contemporain actuel

Le processus de création des œuvres d’art est somme toute assez mystérieux. Si l’on s’intéresse à sa propre expérience phénoménologique créative, on a déjà un premier point de vue sur la question. Le processus fut long dans l’histoire. Plusieurs milliers d’années furent nécessaires à l’apparition d’un préchamanisme, ferment d’une métaphysique supposée ou d’une poésie des premiers sentiments et sensations liés à la prise de conscience d’être au monde.

Les exemples sont légion dans le passé lointain, avant les premiers philosophes, où l’intelligence artistique était moins dictée par l’aspect de la pensée pédagogiquement scientifique, dirions-nous aujourd’hui, que par l’intuition d’expulser de soi la sensation d’un sentiment confus, mais très authentique, dans la pulsion qui fait apparaître l’art. Exprimer ontologiquement une vérité métaphysique du monde à travers son corps et son âme d’artiste, mettre au jour le corps de l’art. Une image du monde et la découverte de soi.

Plus près de nous en termes historiques, un exemple de la création musicale peut illustrer cet aspect de la compréhension du phénomène. Il n’y a pas de contradiction, rien ne les oppose. La musique contemporaine que l’on propose à l’IRCAM n’est pas la seule musique représentative de notre époque. Elle ne représente pas, à elle seule, l’art musical contemporain actuel. Le jazz, le rock, la chanson engagée, les musiques du monde et la musique électronique sont des représentants de la vitalité du secteur de la recherche musicale tout aussi valable. Nous pouvons prendre également l’exemple musical de deux compositeurs célèbres pour la qualité artistique de leurs compositions. Mozart incarne l’intuition poétique désacralisée de la composition musicale, et Bach le métaphysicien spéculatif du même exercice. L’un et l’autre se contredisent-ils ? Deux points de vue qui se parlent ou deux aspects qui livrent la bataille du primat de la juste attitude en art ? Mozart admirait le grand maître, les artistes ne sont jamais véritablement en guerre les uns avec les autres, ils sont au-dessus des idéologies qui naissent dans l’exercice du pouvoir du monde politique et de la finance internationale.

Nous n’allons pas mesurer les proportions nécessaires du sentiment — sensation, intuition — ou de la pensée — idée — dans l’élaboration d’une œuvre d’art, que ce soit dans les arts plastiques, la musique, la danse, le théâtre ou la littérature. À l’évidence, une part de sentiment et de pensée se mêle à la gestalt. Mais la proportion est différente selon le choix philosophique auquel adhère l’artiste. Rien n’écœure autant les plus fervents défenseurs de l’art contemporain actuel que le sentiment primaire d’une sensation à l’extrême et du pathos de certains artistes classiques ou modernes. Le primat du concept, initié par Marcel Duchamp, les habite profondément et leur permet de justifier la déconstruction salutaire de la tradition de la peinture avec la nouvelle philosophie du même nom.


Doc5tres bon2 L’art contemporain actuel n’est pas seul.

Art moderne historique                            Art classique contemporain actuel                          Art contemporain actuel

À l’évidence, notre époque suit les principes fondateurs de Marcel Duchamp dans ses applications idéologiques simplifiées, l’urinoire et la sculpture-objet, au détriment de la sculpture-corps de l’art qui intègre la quatrième dimension. Doit-on croire que c’est cela que souhaitait Duchamp ? Nous pouvons en douter. Une réponse possible à la doxa de l’art actuel serait de leur rappeler le symbolisme ambiant de la pensée du début du XXe siècle qui est plus l’expression de l’esprit scientifique lié à l’art et aux artistes cubistes et futuristes, que de celui d’un idéologue souhaitant faire école. Oui à l’esprit libre, oui à Rrose Sélavy, mais dans quel ordre ?… Orson Welles disait que tout ce que produisent et construisent les hommes est l’expression de l’énergie mise par ceux-ci pour plaire aux femmes — sous-entendu avec le corps de l’art —, le sexe étant l’incarnation même des sens et du corps mis au service de l’esprit — le premier féconde le second.

L’intuition conduit l’esprit qui découvre la nature… Son corps cède à l’expérience de l’amour… et celui-ci le transforme vers  l’intéllect de l’esprit qui le redécouvre comme un art sublime…

Nous pouvons, peut-être, parvenir au postulat suivant que l’art conceptuel tue l’idée en créant une distance entre l’idée et le réalisme du contenant de celle-ci — l’objet œuvre d’art qui la représente — et aggrave son cas en évacuant un processus de réalisation du corps de l’art à travers le corps de l’artiste et le modelage de la matière, par exemple dans la sculpture et la peinture …

L’art par le passé n’était-il finalement qu’un artisanat d’art atteignant parfois la presque perfection, et surpassé actuellement par l’art vrai découvert par l’art contemporain actuel?


Doc7 tres bon1 L’art contemporain actuel n’est pas seul.

Art historique                                                                                         Art contemporain actuel

Pour beaucoup de spécialistes de l’art contemporain, la nostalgie des peintres du passé est le signe d’une méconnaissance de l’avant-garde et de ses conséquences libératrices salutaires sur les pratiques artistiques d’aujourd’hui. Comment dire… ? En définitive, les artistes du passé étaient de formidables artisans et, en comparaison avec les artistes actuels, il leur manquait un élément important : le concept avec son vecteur qu’est la pédagogie de l’image de la réalité. Pour la sculpture, il s’agit de la sculpture-objet, qui conduit l’œuvre d’art à représenter non pas quelque chose — résultat d’une sensation phénoménologique de ce qui est —, mais un concept qui devient œuvre d’art par la sensibilisation de l’objet neutre par son réalisme — il est là, il est lui-même plus quelque chose — mis en situation d’élévation pédagogique par l’esprit et l’incarnation du concept plus que de l’idée.

L’art contemporain actuel… est-ce de l’art ? Il suffit de dire que cela en est pour que cela en soit…

Conséquence théorique : la fin de la civilisation judéo-chrétienne et la fin de l’histoire de l’art. Voici donc une nouvelle civilisation postmoderne critique, avec l’art contemporain actuel comme représentation de l’art d’une nouvelle civilisation. Doit-on adhérer à cette évolution inéluctable de l’objet œuvre d’art… pour pouvoir être un artiste de son temps ? Ou devons-nous entamer un débat, déjà abordé par des sociologues et des philosophes, sur ce qui constitue l’appropriation à son seul usage par l’art contemporain actuel — qui l’érige en doxa — de la pratique théorique de Marcel Duchamp (sans son consentement ?), et tente de l’appliquer de force par l’argent dans tout le landerneau des grandes manifestations d’art plastique internationales.


Doc8 tres bon2 L’art contemporain actuel n’est pas seul. Art historique                                                                                         Art contemporain historique

Il y a deux réponses possibles. La première consiste à considérer l’art ancien comme formidable, mais seulement du point de vue de la qualité technique et de l’extraordinaire finesse artisanale des œuvres produites. L’art contemporain est supérieur par l’aptitude qu’il possède, lui, à exprimer un point de vue critique sur le monde et à envoyer vers celui-ci un miroir d’interrogations pédagogiques, de concepts, qui ne sont plus liées à une quelconque métaphysique spéculative. L’œuvre se construit mentalement et descend en maîtresse sur la matière/objet.

Il ne s’agit pas de nier le génie d’artistes nombreux, comme Marcel Duchamp, qui ont construit depuis le début du XXe siècle une réflexion déconstructive sur les visions sclérosées des pratiques artistiques qui le méritaient, mais de clarifier les dérives qui en découlent. Il n’est pas sûr que Marcel Duchamp espérait se reproduire à l’infini, ni souhaitait prendre le pouvoir par sa seule pensée fulgurante sur la philosophie de déconstruction que représentent ses œuvres d’art encore mystérieuses, et dont l’exégèse est loin d’être terminée. Ah ! s’il savait l’utilisation équivoque de son génie que réalise l’ingénierie des marchands d’art, se servant uniquement de l’objet d’art pour « […] donner sa chance au produit… », en éliminant tous les concurrents — c’est-à-dire l’art ancien et l’art moderne — à seules fins de bon déroulement du commerce.

La deuxième opinion est simple : tout est possible en art, même ce qui ne l’est plus. C’est-à-dire un entrelacs de contradictions et d’incertitudes dans la substance des émotions traditionnelles des pratiques séculaires qui interrogent l’art contemporain actuel. Les artistes classiques actuels et modernes actuels sont vivants, ils interrogent l’art contemporain le plus dur d’aujourd’hui. Ils ne représentent un danger que pour le maintien d’une pensée unique pro-art contemporain actuel et cela gêne.

Nous ne sommes pas les seuls à le plaider, il y a des sociologues et des philosophes qui posent le problème bien mieux que nous à ce sujet. L’art contemporain incarné par la théorie des concepts – idées n’est pas le seul art représentatif de notre époque, tant s’en faut.

Notre époque contemporaine a-t-elle accaparé une forme de méthodologie de la pensée horizontale terre à terre à son seul usage pour promouvoir uniquement l’art désacralisé ?


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Art historique                                                                                         Art contemporain actuel

Cette question est le prolongement du questionnement précédent. En effet, l’art contemporain ne peut pas faire l’impasse sur le questionnement de l’épreuve de l’art. Est-ce de l’art au sens où l’entendaient les époques précédentes, c’est-à-dire l’art classique et l’art moderne ? L’art contemporain se caractérise par une rupture ontologique d’avec l’art du passé, il se définit actuellement comme une excroissance artistique pédagogique de la sociologie ; en somme, comme une efflorescence de l’activité scientifique de la sociologie, sans les compétences scientifiques, remplacées par une interprétation incantatoire horizontale réaliste — objet terre à terre — du biotope social du monde actuel. Est-ce encore de l’art ou de la sociologie illustré par l’image?

Qu’en pensent les populations qui visitent les musées d’art ancien ou d’art moderne ? Beaucoup d’entre nous, les artistes, sommes des laïcs convaincus, mais nous sommes aussi nombreux, en tant que citoyens, à refuser d’en venir à s’interdire de se rendre dans les églises pour y contempler les oeuvres d’art  religieuses, sous prétexte que cela ralentirait l’avènement d’une nouvelle civilisation. Nous aimons tous les musées, sans exception, ou l’on peut apprécier  l’art classique, l’art moderne et l’art contemporain actuel. Nous pouvons raisonnablement accepter les différences d’interprétation du monde réel — Platon ou Aristote[iv] ? — ou ajouter une nouvelle voie sans pour autant remettre en question l’existence de l’art. L’art contemporain actuel (et son paradigme mono-ontologique) n’est pas le seul art d’aujourd’hui. Pourquoi ne pas plaider pour un nouveau paradigme philosophique de l’art contemporain, en vue de créer un après-art contemporain actuel : le classicisme, le modernisme et l’art postmoderne avec une nouvelle légitimité esthétique et un nouveau paradigme de cosmo-ontologie de l’art.


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Art moderne historique                                                                                         Art contemporain actuel

Donc, nous pourrions considérer que l’art de peindre ou de sculpter, ontologiquement relié à des pratiques traditionnelles, n’est pas obsolète et ne doit pas disparaître. Ne laissons pas tout le terrain de la visibilité à un art contemporain sociologiste au détriment de la peinture et de la sculpture mêmes.

La poésie et la métaphysique sont-elles des points de vue philosophiques créateurs d’antagonismes ?


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Art historique                                                                                         Art contemporain actuel

L’ultime questionnement  consiste à se demander s’il y a une contradiction à considérer possible la concomitance de plusieurs tendances esthétiques au sein du landerneau des exploitants de galerie d’art et des manifestations culturelles des pouvoirs publics. Vous allez me dire qu’elle existe de fait. Mais ce n’est pas aussi simple. Dans un passé récent, les galeries d’art étaient très cosmopolites dans leurs textures : de la plus petite aux plus grands espaces ; de la défense d’artistes modestes à la qualité la plus pointue ; de l’envergure financière la plus basse à la plus grande valeur en retour d’investissement. Un plus grand cosmopolitisme régnait dans les grandes manifestations d’art plastique organisées par les pouvoirs publics. Bref, il y en avait pour tous les goûts. Il ne faut surtout pas oublier que les galeries d’art existent sous la forme actuelle depuis très peu de temps. L’époque que nous vivons change considérablement les règles du lien qui unissait l’artiste et le marchand. D’abord, il faut savoir qu’il existe une poignée de galeries qui fixent les règles et définissent les critères d’adoubement des futurs artistes bancables. Chapeauté en cela par les collectionneurs les plus représentatifs du monde capitaliste néolibéral le plus brutal, où l’action et le travail sont les seuls chemins qui doivent mener à l’argent… Le Veau d’or est toujours debout…

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Art moderne historique                                                                                      Art contemporain actuel

Ce point n’est pas vraiment nouveau, mais ce qui change, c’est l’inversion du phénomène. En effet, par exemple, pour promouvoir la nouveauté que représentaient à leurs yeux les nouveaux artistes, les galeristes œuvraient en prenant des risques. Ce qui les motivait n’était pas uniquement une rentabilité des bourses financières, mais une réelle adhésion à l’art quand celui-ci leur apparaissait dans les œuvres d’artistes innovants. D’abord l’amour de l’art, en pensant le rencontrer, et puis après seulement l’argent comme solidificateur du génie adoubé par la reconnaissance de tous.

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Art moderne contemporain actuel                                                            Art contemporain historique

Les convictions religieuses ou politiques importaient peu à l’amateur éclairé. Nous sommes loin du compte aujourd’hui. Nous amener à considérer que seuls les grands patrons de l’industrie qui font retomber sur une vingtaine de galeries leurs goûts en matière d’art possèdent le bon goût n’est pas acceptable… Il faut ajouter alors, pour être complet, les philosophes — pas tous, heureusement — qui adoptent le seul paradigme de l’art contemporain actuel, et uniquement celui-ci, et le théorisent comme inévitable.

L’on peut alors saisir l’ affaiblissement de certaines options esthétiques…  en faveur d’un seul point de vue ?

Ah ! Marcel… Ils sont devenus fous en ton nom.

Alius et idem

Dario Caterina,

Le 8 novembre 2014



[i] La philosophie quantique est très complexe, il ne m’appartient pas de tenter une explication ici. En gros, ce qui m’intéresse, c’est l’idée que phénoménologiquement, le monde ne nous apparaît pas exactement comme il existe. Ici, l’imaginaire est la seule solution pour tenter une approche, en tout cas pour l’instant… L’expérience de l’art ressemble très exactement à un monde que nous ne voyons pas, mais que nous cherchons dans nos expériences esthétiques, sans toujours l’atteindre, et ce indéfiniment dans toutes les œuvres d’art de toutes les civilisations humaines.

[ii] Les travaux de certains sociologues contemporains permettent d’approfondir scientifiquement tous les questionnements au sujet de l’art contemporain, étant entendu que la subjectivité règne dans les différents points de vue sur la question. Bref, dans les grandes lignes, il existe tout un terreau de réactions non réactionnaires au sujet de l’art contemporain actuel qui permettent de croire à un ajustement positif de la doxa sur le sujet.

[iv] Les philosophies de Platon et d’Aristote résument à elles deux l’ensemble des questionnements et des points de vue qui sont en dialogue et en opposition depuis l’Antiquité. Il y a eu un foisonnement de nouvelles approchent philosophique très important entre les deux, et depuis peu la philosophie postmoderne de la déconstruction, un nouveau paradigme est né en philosophie.