L’ordre discret / Shoshana Rappaport-Jaccottet

2009 octobre 15
par Droit de Cités

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………………L’ordre discret est, sans façon, à l’intérieur du coeur. Année étrange.
(Éloigner de soi l’ingénuité impudente, les velléités mensongères, ailleurs encore le
mot qui tranche.) Saisir au mieux la difficulté, sinon la cohorte ordinaire des maux
minuscules qui assaillent, parfois. Que proposer hors de l’intempestif ?  Rien
d’exceptionnel, ni d’unique. Notre histoire est banale. Elle est commune. Elle ne
présente aucune caractéristique qui retienne l’attention. Et pourtant elle contient une
promesse. Comme un germe de promesse, ou son ébauche timide. Tenir debout.
Entêtement monotone de celui qui cherche. Comment c’est ? Redresser la tête. Ne
pas revenir bredouille. Continuer ainsi. Continuer. Tantôt là. Tantôt à l’aveuglette.
Reprendre le mouvement, sans indices, sans repères.  Vers l’errance d’antan. Vers
cela. Comment c’est ?  Risquer la chute. On s’y croirait. (Manquent la tortue, les
poissons rouges, les enfants sur la pelouse.)  Partition inédite sans archéologie de
l’écoute. Qu’est-ce qu’une écoute intense, partagée ? (Faire entendre comme.)
Mélange de hasards et de nécessités brèves. Apprendre à disposer les goûts fugitifs
d’un seul jour. Composer l’apparent déroulement d’un récit implicite. Envisager
l’échéance avec ironie. Parvenir à mythologiser les signes du présent. Permanence
aléatoire, factice, des choses. Et poursuivre. Ce serait simplement une première
esquisse qui se concrétise ensuite. Comme si quelqu’un vous montrait un tableau.


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