T256 / éclair [ ] foule

2010 février 15
Par Laurent CHAMBERT

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"Persistance(s)" (sélection), 2010

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«L’oubli est un puissant instrument d’adaptation à la réalité parce qu’il détruit peu à peu en nous le passé survivant qui est en constante contradiction avec elle.»
Marcel Proust – Extrait de A la recherche du temps perdu

Je n’ai plus en mémoire le cheminement de pensée qui m’a conduit à lier éclair et foule. Cette proposition sans résultat demeure une opération en appel de son effectuation. La réalité peut être éclairée à la lumière du passé, ici, la tournure proposée engage délibérément l’expérimentation, l’épreuve à venir. T256 pose comme l’un de ses enjeux l’idée d’outil ; les combinaisons sont comme des paires asymétriques, les lames d’un ciseaux, le marteau arrache-clou, les yeux d’un visage. L’influence prégnante et grandissante du technologique conforme notre usage du langage et nous incline finalement au littéral, à l’adéquation du sens avec le mot. Il y a certes contradiction avec le fonctionnement même de l’imaginaire classique pourtant une nouvelle sensibilité est possible avec le déploiement dans un mouvement, la transversale, le déplacement via une dimension originale. De l’un, l’autre, le pendule voyage. Un mot trouve souvent sa correspondance visuelle, l’imposition de sa représentation, son illustration. L’image pose depuis longtemps la problématique du temps, de son écoulement inexorable et fatal. Faire un « arrêt sur image », une prouesse technique qui fascine l’homme bien avant l’invention photographique avec l’expérience de la représentation – du latin repraesentare « rendre présent ». Les arts majeurs ont démontré leur résistance à l’illusion jusqu’à l’ère de la reproductibilité technique renversante. L’adéquation idéalisée entre original et copie permet à l’image de l’emporter. Elle ne demeure pourtant que l’emballage de l’imaginaire même si elle prétend en être un aboutissement. Une échappée possible, une combinaison sans résultat, c’est le regardeur qui fera l’oeuvre. *

Laurent Chambert

* «Somme toute, l’artiste n’est pas seul à accomplir l’acte de création car le spectateur établit le contact de l’œuvre avec le monde extérieur en déchiffrant et en interprétant ses qualifications profondes et par là ajoute sa propre contribution au processus créatif.» Marcel Duchamp

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  1. 2010 mars 5
    Samuel Zarka permalink

    Marcel Proust, la souplesse d’esprit à partir de la position dans l’économie politique. Allez hop, j’oublie — ce qu’exprimerait aussi bien Mallarmé quand, au surgissement d’un colosse prolétarien menaçant par une après-midi paisible, il se surprend pensant « impossible d’annuler mentalement » *. Passer dans le métro et (croire) voir les soucis des gens. Dans ce contexte, au temps de la société se substitue le temps de l’atome social, sécable. Je n’ai pas su le cheminement depuis Proust. Peut-être que depuis son hyper-subjectivité, la narration se constitue selon un étrécissement du cercle individuel. Et dans le subjectivisme, l’accentuation privée et privative, de la production esthétique, sémiologique, artistique, ces jours-ci — ce qui ressemble à ce que montrait Strange days, quand, par l’intermédiaire d’une machine, je peux suivre le parcours subjectif d’un individu, par le biais d’électrodes qui joignent mes tempes aux siennes — il n’est pas désagréable de constater des portraits modernes, qui ne défaillent pas d’être, sans redondance, numériques et pixelisés, qui n’écrivent pas le déraillement personnel, mais le retour de la mémoire dans la forme. Plein de monde regarde ces têtes le soir avant de se coucher. Préposé à ne pas ouvrir sa gueule du fait de la « neutralité » supposée de l’esthétique, le portraitiste (artiste ou spectateur) est précédé : ou bien il accepte une alternance de moments parmi lesquels l’expérience esthétique perpétue sa primeur de luxure imaginative qui plait par soi-même, ou bien politique et esthétique se réconcilie(ro)nt, les contraires se dénoue(ro)nt loin d’une passivité accusée de passages à l’acte ascensionnels. Vermeer est loin de ces portraits, pourtant je peux pas m’empêcher d’y voir un clin fécond, un monde de rêve à des années lumières des soucis.

    Samuel Zarka

    * « Conflit »

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