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	<title>Commentaires sur : La fin du désir dans l’art contemporain? / Dario Caterina</title>
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		<title>Par : Samuel Zarka</title>
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		<dc:creator>Samuel Zarka</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 May 2010 03:27:35 +0000</pubDate>
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		<description>Vous écrivez : 

&quot;Dans les années soixante- dix, dès les premiers évènements artistiques importants, apparait la structure discursive d’une nouvelle ère. Celle du prolongement conceptuel de l’œuvre de Duchamp. &quot;

Cela dit, dans l’introduction de son livre, Duchamp confisqué, Marcel retrouvé (Hazan 2009), Philippe Sers reconstitue le procès de production du ready-made, d’abord comme provocation sous pseudonyme de Duchamp, ensuite comme parangon, à sa surprise, d’un néo-dadaïsme institutionnel de marché. Le vocabulaire de Sers est parfois exagérément feutré, reste qu’il décrit précisément et avec documents à l’appui, les étapes d’un révisionnisme.

Donc oui : &quot;...il faut tempérer en précisant qu’il est réducteur de croire que la seule l’œuvre de Marcel Duchamp soit à la base de l’art contemporain.&quot;

Car la signification du ready-made a été purement et simplement inversée. Le reste de l&#039;oeuvre de Duchamp, produite de loin en loin plus en prolongement de son existence de &quot;garçon de café&quot; (l&#039;expression est de lui) qu&#039;en fonction de commande est difficilement compatible avec l&#039;art &quot;par projets&quot; actuel.

Ensuite : &quot;Léonard de Vinci déjà optait pour une fonction cognitive de l’expression artistique.&quot; 

C&#039;est vrai qu&#039;il n&#039;y a pas d&#039;art, pas même de pratique du tout, sans pensée de cette pratique (ce qui ne signifie pas thématisation conceptuelle de cette pratique). 

Cela dit, il faudrait interroger l&#039; &quot;art conceptuel&quot; en fonction du développement général de l&#039;économie des symboles à partir des années 70. La dissipation de l&#039;objet semble un magistral refoulement du faire, indexé à l&#039;ouvrier et à l&#039;agriculteur. L&#039;art &quot;conceptuel&quot; comme pratique de &quot;conception&quot; est ainsi bien l&#039;art de la tertiarisation de l&#039;économie en général, voire du marketing en tant que rhétorique des signes à visée d&#039;achat. De manière générale, le prolongement du tertiaire dans le champ de la religion esthétique. 

&quot;Goya, Cézanne, les symbolistes sont les préconceptuels qui annoncent la suite.&quot;

Mais leur pérennité n&#039;est pas réductible à l&#039;art du tertiaire. 

&quot;Je pense que depuis une quinzaine d’années, le concept a cessé d’être le seul ferment en tant que fondement de l’art actuel. Celui-ci est remplacé actuellement par la sociologie discursive. Il est donc normal d’avoir des réticences à adouber des œuvres d’art, en tout cas annoncées comme telles, alors que les codes de la culture historique ont toute la peine à s’y accrocher…&quot;

Et certes, avec l&#039;excès de la virtualisation de la valeur économique, et, parallèlement, le renfermement de l&#039;esthétique institutionnelle sur la culture des signes (jamais des oeuvres, c&#039;est-à-dire de l&#039;esthétisme, jamais de l&#039;esthétique) on arrive à une contradiction très, très forte entre la négation de la pratique selon l&#039;art du tertiaire et la réalité du mode de production : il n&#039;y a jamais eu autant d&#039;ouvriers et de salariés qu&#039;aujourd&#039;hui, mais à force de se vivre dans la distance de la production, le tertiaire en général, le monde de l&#039;art en particulier, constate le monde aller sans lui... 

Et l&#039;art conceptuel change de signification : de la pièce conçue et réalisée par autrui (les assistants ou employés de Warhol, R. Serra, S. Sierra...) à la pièce conçue et non réalisée faute d&#039;en trouver le soutien... 

(A ce propos, il y a un projet mené par N. Godon qui devrait voir le jour dans Droit de Cités d&#039;ici quelques temps).</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Vous écrivez : </p>
<p>&laquo;&nbsp;Dans les années soixante- dix, dès les premiers évènements artistiques importants, apparait la structure discursive d’une nouvelle ère. Celle du prolongement conceptuel de l’œuvre de Duchamp. &nbsp;&raquo;</p>
<p>Cela dit, dans l’introduction de son livre, Duchamp confisqué, Marcel retrouvé (Hazan 2009), Philippe Sers reconstitue le procès de production du ready-made, d’abord comme provocation sous pseudonyme de Duchamp, ensuite comme parangon, à sa surprise, d’un néo-dadaïsme institutionnel de marché. Le vocabulaire de Sers est parfois exagérément feutré, reste qu’il décrit précisément et avec documents à l’appui, les étapes d’un révisionnisme.</p>
<p>Donc oui : &laquo;&nbsp;&#8230;il faut tempérer en précisant qu’il est réducteur de croire que la seule l’œuvre de Marcel Duchamp soit à la base de l’art contemporain.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Car la signification du ready-made a été purement et simplement inversée. Le reste de l&#8217;oeuvre de Duchamp, produite de loin en loin plus en prolongement de son existence de &laquo;&nbsp;garçon de café&nbsp;&raquo; (l&#8217;expression est de lui) qu&#8217;en fonction de commande est difficilement compatible avec l&#8217;art &laquo;&nbsp;par projets&nbsp;&raquo; actuel.</p>
<p>Ensuite : &laquo;&nbsp;Léonard de Vinci déjà optait pour une fonction cognitive de l’expression artistique.&nbsp;&raquo; </p>
<p>C&#8217;est vrai qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;art, pas même de pratique du tout, sans pensée de cette pratique (ce qui ne signifie pas thématisation conceptuelle de cette pratique). </p>
<p>Cela dit, il faudrait interroger l&#8217; &laquo;&nbsp;art conceptuel&nbsp;&raquo; en fonction du développement général de l&#8217;économie des symboles à partir des années 70. La dissipation de l&#8217;objet semble un magistral refoulement du faire, indexé à l&#8217;ouvrier et à l&#8217;agriculteur. L&#8217;art &laquo;&nbsp;conceptuel&nbsp;&raquo; comme pratique de &laquo;&nbsp;conception&nbsp;&raquo; est ainsi bien l&#8217;art de la tertiarisation de l&#8217;économie en général, voire du marketing en tant que rhétorique des signes à visée d&#8217;achat. De manière générale, le prolongement du tertiaire dans le champ de la religion esthétique. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Goya, Cézanne, les symbolistes sont les préconceptuels qui annoncent la suite.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Mais leur pérennité n&#8217;est pas réductible à l&#8217;art du tertiaire. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Je pense que depuis une quinzaine d’années, le concept a cessé d’être le seul ferment en tant que fondement de l’art actuel. Celui-ci est remplacé actuellement par la sociologie discursive. Il est donc normal d’avoir des réticences à adouber des œuvres d’art, en tout cas annoncées comme telles, alors que les codes de la culture historique ont toute la peine à s’y accrocher…&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et certes, avec l&#8217;excès de la virtualisation de la valeur économique, et, parallèlement, le renfermement de l&#8217;esthétique institutionnelle sur la culture des signes (jamais des oeuvres, c&#8217;est-à-dire de l&#8217;esthétisme, jamais de l&#8217;esthétique) on arrive à une contradiction très, très forte entre la négation de la pratique selon l&#8217;art du tertiaire et la réalité du mode de production : il n&#8217;y a jamais eu autant d&#8217;ouvriers et de salariés qu&#8217;aujourd&#8217;hui, mais à force de se vivre dans la distance de la production, le tertiaire en général, le monde de l&#8217;art en particulier, constate le monde aller sans lui&#8230; </p>
<p>Et l&#8217;art conceptuel change de signification : de la pièce conçue et réalisée par autrui (les assistants ou employés de Warhol, R. Serra, S. Sierra&#8230;) à la pièce conçue et non réalisée faute d&#8217;en trouver le soutien&#8230; </p>
<p>(A ce propos, il y a un projet mené par N. Godon qui devrait voir le jour dans Droit de Cités d&#8217;ici quelques temps).</p>
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