Martine Droixhe, ou la peinture comme miroir de l’esprit

2013 septembre 6
Par Dario CATERINA

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Martine Droixhe 3 Martine Droixhe, ou la peinture comme miroir de l’esprit

Martine Droixhe

La peinture-peinture et la sculpture-sculpture sont des locutions apparues lorsqu’il devint nécessaire de faire la distinction entre diverses pratiques artistiques en lutte idéologique entre elles. Pour certains artistes, être le plus proche possible de l’intégrité de la peinture ou de la sculpture s’exprime à travers un choix simple : l’œuvre est le tableau — ou la sculpture — tel qu’il est constitué et apparaît phénoménologiquement à la vue du spectateur. L’œuvre est présente dans la réalité de l’espace, un point c’est tout, sans pathos. Les artistes qui font ce choix abordent souvent leur statut de peintre et/ou de sculpteur à travers le prisme du métier pour déjouer le piège contemporain du transdisciplinaire. En effet, l’artiste postmoderne quitte définitivement l’artisan pour devenir sociologue au service de la pédagogie sociologique. L’horizontalité de la culture, phénomène lié à la déconstruction de la verticalité culturelle des deux derniers millénaires, a eu un effet de démocratisation des possibilités créatives qui a entraîné une décontraction de la création sur le principe laconique que tout est possible, tout est acceptable, tout fait sens, et que nous pouvons transcrire comme ceci : l’art contemporain a permis l’avènement de l’individu et des mythologies privées, en réaction au monde grec et chrétien au sein desquels les artistes œuvraient pour la verticalité d’une culture de civilisation.

La peinture et la sculpture ont toutes deux vécu la même transformation. Plus profonde pour la peinture avec les suprématistes , et plus radicalement neutre, voire froide, pour la sculpture avec les minimalistes. En art, surtout à l’époque moderne du début du XXe siècle pour la première, et juste après la Seconde Guerre mondiale pour la deuxième, les nouvelles tendances résultaient souvent de réactions à d’autres mouvances contradictoires. Cette déconstruction a eu des effets importants sur l’installation de nouveaux concepts artistiques. Aujourd’hui, c’est la mode du transdisciplinaire , la nouvelle doxa, qui va faire des émules : c’est chic… Pas toujours convaincant, mais parfois pertinent. Toutes ces transformations vont-elles permettre une plus grande diversité de points de vue ? Ou vont-elles a contrario provoquer une idéologisation de l’art avec pour conséquence l’instauration d’un canevas réducteur — un pédagogisme ridicule de l’œuvre d’art — dans lequel le travail de l’artiste contemporain devra s’intégrer pour exister… ? La question n’est pas encore tranchée. Ce n’est pas nouveau, les années 90, au XXe siècle, ont eu leur lot de débats au bout desquels les contradicteurs ont fini par simplement rester sur leurs positions respectives. Que cherchaient les intervenants dans ces débats ? Imposer leur point de vue. C’est-à-dire pour les uns alerter sur les dangers de la déconstruction philosophique de l’art… et pour les autres concevoir de bonne foi les critiques envers l’art contemporain comme une tentative d’affaiblir les libertés de création et d’empêcher l’avènement d’un monde nouveau symbolisant l’avenir.

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Martine Droixhe

L’art actuel, au sens postmoderne du terme, est la seule voie acceptable pour ses défenseurs. Quid de l’art moderne et des peintres traditionnels ? À la poubelle ? Une précision s’impose : beaucoup de débats au sujet de l’art contemporain sèment la confusion. Il ne s’agit pas, en tout cas en ce qui me concerne, d’un combat d’arrière-garde contre l’art actuel. De très grands artistes ont permis des avancées marquantes ; d’autres se contentent de suivre en file indienne… Il s’agit plutôt de démontrer un basculement quasi exclusif dans le choix de l’art contemporain par les institutions publiques, les universités — à travers leurs spécialistes de l’histoire de l’art — et certains établissements d’art plastique, qui pensent devoir suivre le credo culturel des grands penseurs de l’État. In fine, le choix philosophique qui tente d’imposer l’art contemporain comme si celui-ci était le représentant idéologique d’une pensée claire, voire éclairée, symbolisant l’époque culturelle actuelle, est en marche dans les esprits. Alors que dans les faits, il s’agit d’une « guerre de religions ». Un signe qui ne trompe pas : à la Biennale de Venise, le Vatican présente des artistes contemporains qu’il sponsorise très adroitement pour mettre le pied dans l’art actuel et y être associé en tant qu’opérateur. C’est un signe parmi d’autres marquant le début d’une nouvelle querelle dogmatique — laïcs contre croyants —, plus pacifique celle-ci que les précédentes, mais néanmoins significative d’un certain état d’esprit.

Bref, ce débat est complexe, à la mesure de la dualisation des esprits et il s’exprime comme la métaphore d’une guerre au lieu d’incarner un réel échange critique de valeurs, dans un esprit de bonne gestion des savoirs. Encore une fois, la diversité — dans le sens des philosophes — n’est pas ce qui préoccupe le monde de l’art, alors que paradoxalement les écologistes et la gauche sociale en ont fait leur cheval de bataille politique.

Pour en venir à la peinture-peinture , il faut tout d’abord rappeler que l’art abstrait a permis à la peinture d’atterrir dans l’espace de la réalité tangible. L’exploit de cette apparition a été rendu possible principalement par le questionnement des suprématistes et des divers courants d’artistes abstraits qui ont tracé la voie. La peinture, étant sa propre représentation dans l’espace concret de son lieu d’exposition, devient purement objective : elle est. La sculpture minimale, elle, bascule dans une indéfinition de genre, elle flirte avec le design, elle est froidement objective. Mais ce n’est pas aussi simple, il y a chez certains peintres et sculpteurs, dont fait partie Martine Droixhe, une part de métaphysique poétique qui les éloigne des représentants intellectuels purs et durs du monochrome et du minimalisme. Dans le fond, la peinture apparaît dans la même sphère spatiale que la sculpture, elle intègre l’espace du réel : phénoménologie de l’atterrissage dans la réalité horizontale.

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Ad Reinhardt – Mark Rothko – Piet Mondrian – Kasimir Malevicth

Pourquoi l’art doit-il passer par un questionnement permanent de sa propre existence ? L’artiste doit-il interroger politiquement le monde dans lequel il vit ? C’est-à-dire avoir une fonction de gentil géo-sociologue de la culture… et par là même participer à la sociologie de la société dans le rôle d’animateur culturel ? Il s’agit bien ici d’une dérive philosophique, elle n’est pas nouvelle. Je me souviens d’entendre un camarade des Beaux-Arts, qui était à l’époque communiste, dire avec humour à notre professeur d’histoire de l’art : « En Russie, on vous aurait mis au goulag pour ce que vous avez dit lors de votre cours. » C’est dire si la politique est tendre avec l’art. La droite et la gauche n’ont pas les mêmes réflexes mais ont les mêmes effets… Il faut tout de même constater qu’avoir fui l’inspiration chrétienne de l’art depuis la Révolution française pour finalement transformer les artistes, au nom d’un principe de gauche, en animateurs culturels, est bien là un dévoiement néfaste de l’intégrité de l’art comme espace réel de liberté. Son asservissement à la politique ou aux croyances est bien réel… Choisissons la liberté, pas les servitudes, de quelque bord que ce soit.

En résumé, les artisans du passé, les artistes modernes ou les artistes contemporains sont d’un même genre. Nous pouvons chacun faire exister, sans anachronisme, ces trois orientations au sein de notre époque. Mais paradoxalement, nous vivons en réalité une fermeture idéologique, les médias et les actions culturelles

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Martine Droixhe

tendant à fermer leurs portes aux artistes libres, au nom de la doxa culturelle qui veut que « bêler art contemporain, c’est plus chic ». Beaucoup d’artistes résistent et c’est tant mieux, le temps plaidera pour la diversité…

Venons-en à nos artistes, radicaux dans les choix qu’ils opèrent en dehors des sentiers battus de l’animation culturelle. L’œuvre de Martine Droixhe est à cet égard un bon exemple de ce qui pousse un artiste à radicaliser son propos pour parvenir à une certaine synthèse et à une épure salutaire, en dehors de tout clivage et des modes actuelles. Elle n’est pas la première, tant s’en faut, mais elle participe au mouvement continu, depuis le début du XXe siècle, des peintres qui ont eu l’intuition de la couleur comme élément de base d’un tout au sens philosophique du terme. De par l’exigence constructive de sa réalité tangible, la couleur est, pour l’artiste qui pratique, vit la peinture et en fait son média privilégié, l’élément essentiel qui le guide dans sa recherche artistique. Bien entendu, la monochromie radicale que certains artistes ont été amenés à privilégier récemment est comme la métaphore d’un chemin infini. Certains pensent à la fin de la peinture comme à une impasse, à la fin de l’histoire. Quelques critiques d’art et autres historiens ont écrit dans leurs publications et manifestes la fin de l’histoire et du récit comme la fin des avant-gardes : il n’y a plus rien à explorer, la déconstruction constructive est en marche, le monde ancien est mort, vive le nouveau… Ils se trompent cependant au sujet de la peinture quand ils prétendent que celle-ci doit être dépourvue de métaphysique. C’est peut-être pour eux une façon de continuer la guerre des religions. Bernard-Henri Levy, devant un tableau de Mark Rothko, a eu la sentence suivante : « Devant un tableau de Mark Rothko, on se trouve devant un temple. » Tout à fait subjectif, mais c’est son droit de le prétendre. L’œuvre de Martine Droixhe est parfaitement significative de la réalité d’une dualité présente en son sein. Le choix d’expression qu’elle fait participe d’une lente émancipation de l’esprit et du cœur spirituel. Il ne s’agit pas d’une spiritualité religieuse, mais d’une métaphysique de l’art qui se différencie d’une partie de l’art contemporain. En effet, celui-ci s’oriente vers la sociologie culturelle alors que Martine Droixhe déroule sa vie à travers l’émotion picturale et le travail qui permet de l’atteindre. Sa peinture construit sa vie, parfois autour d’une douleur, puis atteint une récréation de l’âme qui lui confère une métaphysique sensible dénuée de religiosité. Apparaît alors une métaphore, celle de son âme mise au monde à la faveur de la couleur, comme un miroir sublime d’un sang blanc ou coloré. L’art comme construction d’un monde invisible, pourtant tellement nécessaire à celui qui le cherche, est un espace de liberté que l’on doit mériter. Martine Droixhe exerce avec respect et générosité le métier de peintre que lui ont enseigné certains professeurs des Beaux-Arts. L’histoire de l’art, découverte grâce à un enseignant à la fois historien et artiste, et la singularité d’un professeur de peinture très éloigné de son choix esthétique actuel, lui ont permis d’emprunter un chemin personnel et une voie sur laquelle bien d’autres artistes ont marqué l’histoire de l’art avant elle. Et ce sont ces artistes-là, ses pairs, qui, présents à son esprit, lui permettent de faire partie d’un mouvement qui n’est pas près d’être relégué dans l’histoire de l’art. La peinture et la couleur font partie de sa vie d’artiste et accompagnent le déroulement de ses émotions tout au long du temps qui passe.

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Donald Judd – Sol LeWitt – Carl André – Carl André

Le paradoxe aujourd’hui, pour les peintres adeptes de la peinture-peinture comme Martine Droixhe, est donc de concevoir l’art comme une catharsis et une résistance, permettant de rester dans une certaine continuité philosophique défendue, en leur temps par, Piet Mondrian, Kazimir Malevitch , Ad Reinhardt , etc. Ceux-ci furent des précurseurs, leur peinture était vivante, au sens où elle représentait pour eux un moment privilégié et parfait de recherche de liberté, pas nécessairement visible dans le résultat peint, l’essentiel étant le moment de plénitude lui-même, le temps de vie passé à tenter de mettre au jour un art de chercheur, qui donnait un sens à leur vie d’artiste. Beaucoup de tentatives pour peu de résultats, mais n’est-ce pas la vérité de tous les artistes qui se respectent, et qui refusent d’adopter les postures imposées pour plaire aux commissaires ?

Comme beaucoup d’artistes-peintres mais aussi de sculpteurs, dont les œuvres participent de la même épure, Martine Droixhe fait sienne cette volonté de réaliser des œuvres qui communiquent une ascèse salutaire à la « chamanisation » de l’œuvre d’art comme résultante d’une modestie constructive.

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Martine Droixhe

Paradoxalement, la presque monochromie de ses tableaux est une épure modeste. Pour synthétiser l’œuvre de Martine Droixhe, citer quelques noms de peintres qui ont tracé la voie pour qui adhère à une conception de la couleur sous son aspect esthétique et scientifique est utile. La couleur, média primordial, suppose une véritable sensation spirituelle pour le peintre qui travaille le langage coloré. Certains scientifiques, ont eu la volonté de comprendre la couleur sous son aspect esthétique et scientifique. Chevreul , Goethe , avaient déjà démêlé les bases de compréhension des actions possibles de transformation physique des jeux de lumière. La science apporte un regard relativement objectif des phénomènes physiques, mais pour le peintre elle ne compte que pour une part plutôt limitée. Même si la réalité de la couleur est sujette à une explication physique, celle-ci trouve une existence métaphysique dans l’esprit des artistes capables de la transformer, sur la toile, en témoignage d’humanité et d’expérience de vie. Martine Droixhe ne déroge pas à la règle. La vue de ses tableaux permet de comprendre le déroulement progressif de ses émotions intimes : « Tous les jours, je pense mon art. » Une succession de toiles qui mises bout à bout signifient : « Je vis tous les jours mon art intimement, je le peins quand cela est nécessaire, celui-ci me permet de vivre. Il devient ma vie, incarnant le temps métaphorique de l’art constructeur du sens de la réalité de mon existence. »

En une phrase : sa vie, c’est la peinture… son amour, la couleur.

Esse quam videri

Dario Caterina

07/07/2013


Le suprématisme est un mouvement d’art abstrait né en Russie au début du XXe siècle. Son « créateur », Kazimir Malevitch (1878-1935), présente en 1915 un premier ensemble de trente-neuf tableaux suprématistes lors de la « Dernière exposition futuriste de tableaux 0,10 (zéro-dix) » tenue à Petrograd du 19 décembre 1915 au 19 janvier 1916. En fait partie Quadrangle, surtout connu comme Carré noir sur fond blanc que Malevitch déclarera plus tard œuvre emblème du suprématisme.

Le premier monochrome permet de dater l’avènement de l’atterrissage de la peinture dans l’espace. Ce n’est pas rien, car cela a permis de développer un continuum de progression pour la peinture. Il semble en tout cas que pour certains artistes, dont Martine Droixhe, se définir comme « peintre » est primordial. Je me rappelle ici une phrase de Jean-Pierre Rensonnet : « Comme Baselitz, je suis peintre, et rien d’autre. »

La transdisciplinarité « […] se distingue de la pluridisciplinarité et de l’interdisciplinarité en ce sens qu’elle déborde les disciplines d’une part, mais surtout d’autre part que sa finalité ne reste pas inscrite dans la recherche disciplinaire proprement dite.

» Ainsi, comme l’indique son préfixe “trans”, la transdisciplinarité est la posture scientifique et intellectuelle qui se situe à la fois entre, à travers et au-delà de toute discipline. Ce processus d’intégration et de dépassement des disciplines a pour objectif la compréhension de la complexité du monde moderne et présent, ce qui constitue déjà, a priori, un premier élément de légitimité (ou de légitimation). Autre élément de légitimation, s’il y en a un, est le projet (plus ou moins avoué) de la constitution d’un nouvel “espéranto scientifique”, une sorte de nouveau langage ayant pour finalité, entre autres, la mise en place d’“un savoir autonome d’où résultent de nouveaux objets et de nouvelles méthodes”. “Utopie scientifique” par excellence, qui nécessite par conséquent un certain recul, la transdisciplinarité n’en demeure pas moins une posture intellectuelle riche au potentiel disciplinaire, scientifique et épistémologique non négligeable, à qui veut bien se donner la peine de la pratiquer : elle apparaît ainsi beaucoup plus comme un nouveau paradigme que comme une discipline à part entière ».

Voici donc le nouveau dada des pédagogues. L’ordre vient d’on ne sait où : il faut du transdisciplinaire dans les « écoles »..

Peinture-peinture est un terme esthétique désignant les peintres et les œuvres dont le centre d’intérêt est la peinture elle-même, ses moyens et sa composition, en en minorant le sens symbolique et littéraire. Le terme apparaît pour la première fois dans un texte du philosophe et critique espagnol Eugeni d’Ors Trois heures au Prado. Il écrit à propos de Velasquez : « […] entre la peinture qui tend vers le sculptural et l’architectonique, et la peinture tout près de s’évaporer en musique ou poésie, la peinture-peinture. »

Il y a bien un choix fondamental à réaliser quand un artiste se pose la question de savoir quelle voie il va prendre, les autoroutes ou les chemins de montagne…

Martine Droixhe est née à Liège en 1954. Elle étudie la peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Liège dont elle deviendra directrice après avoir exercé quelque temps en qualité de professeure de peinture à l’école Léonard de France.

La peinture est un art qu’elle prend soin de pratiquer avec modestie. L’admiration quelle porte aux grands peintres qui ont construit les valeurs auxquelles elle se rattache avec beaucoup de conviction ne l’a jamais éloignée du doute et des difficultés que l’on doit endurer pour parvenir, de temps à autre, aux découvertes intérieures que peut provoquer la pratique de la peinture.

Kazimir Severinovitch Malevitch, né à Kiev en Ukraine (Empire russe) le 23 février 1878 de parents d’origine polonaise, et décédé le 15 mai 1935 à Leningrad, est un des premiers artistes abstraits du XXe siècle. Peintre, dessinateur, sculpteur et théoricien, Malevitch fut le créateur d’un courant artistique qu’il dénomma suprématisme.

Adolph Dietrich Friedrich Reinhardt (« Ad » Reinhardt), né le 24 décembre 1913 et décédé le 30 août 1967 est un peintre et un auteur théorique américain. Précurseur de l’art conceptuel et de l’art minimal, il fut également un critique de l’expressionnisme abstrait.

Michel-Eugène Chevreul (31 août 1786 – 9 avril 1889) est un chimiste français connu pour sa contribution à la théorie des couleurs. Ses travaux lui valurent la médaille Copley en 1857.

Johann Wolfgang von Goethe, né le 28 août 1749 à Francfort et mort le 22 mars 1832 à Weimar, est un romancier, dramaturge, poète, théoricien de l’art, homme d’État allemand passionné par les sciences (notamment l’optique, la géologie et la botanique) et grand administrateur. Dans son traité des couleurs, Goethe décrit les couleurs comme issues de la rencontre de la lumière et de l’obscurité, celle-ci n’étant pas une absence de lumière, mais existant indépendamment d’elle. Cette réification de l’obscurité entraîne le rejet de la théorie de Goethe par la physique moderne. Il propose une catégorisation des couleurs (couleurs physiologiques, physiques, chimiques), y fait intervenir les notions d’harmonie, de contraste et de différence chromatique, dans son discours sur la couleur se fondant sur l’observation des « objets dans la lumière », selon son expression.

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