Isabelle Garron / Corps Fut (extrait)

2010 septembre 5
Par Philippe BECK

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plus tard .plus vite encore   .un matin de course

par la cheville dans l’automne achevé

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plus tard donc en un crac

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fixant tel le vent  mon genou à terre  son point d’arrêt

l’espace nouveau fut donc comme ouvert

.

–suivi par ma claudication

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puis à l’écoute des talons sur cette scène nous revoir

nous exclamer  .ensemble  –chantons !  dansons

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faisons feu  .feu &fi du miracle !

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faisons fi du miracle  s’il vous plait  -chantons  sur le retour

sois d’ironie .sois blessée  – en chemin  .banc

après banc .traversant  dans les clous

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humant les rôtissoires sur le pas

des boucheries fi

du miracle !

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moi en sueur  .identique à cette heure dont je

parle je pus  n’avancer

qu’un corps

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un corps après l’autre

a fool] qui de temps

en temps renâclait

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en plein air et à zone

trop découverte

aussi

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je passais alors devant le plancher d’un fou

exposé sur un mur d’hôpital et

lacéré de paroles

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de même je lisais chaque jour

au sol le merveilleux ancien

lit de bras mort

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tu sembles d’ailleurs tu continues de marcher

sur ce cours d’eau enseveli

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nous sommes en septembre et d’ici

à la fin de toute idylle

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il n’y a toujours qu’un pas

une pie  .des tons ocres

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un besoin de hurler aussi

dans le paysage

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un pas puis un autre fut donc fait .au feu

toute ! à gauche ! lorsque nos

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vœux furent formés .les lacets noués

au risque d’entrevoir

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la forme d’un poème au creux des babils

de toi à mon oreille .à l’heure

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du coucher soudain  celui-ci fit loi  .nous

changiions de registre : le vrai

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.avais sans doute su

ou bien cru savoir

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–et déposer au bord de

quelque sommet

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le e du mort le fi

du miracle

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sans partition ni

voix ni jour

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ni petite fée

ni rien

..
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puis tu vins toi un peu Hopi  .lune interposée

et fille nue dans ton rituel fatigué

tu fis ce signe

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par alliance dis

crète . oh !

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comme il

me fal

lut te

trou

.

ver !

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oh !  signe de personne et sa définition – alors

que des trombes te gardaient

impassible  .alors

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que tu psalmodiais au cadran

un texte de secrets –la

poupée  elle aussi

.

vint –déplaçant les formes

les chiffons .les

paravents  .la

.

Chine

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sa mélodie au trait  .la ligne colportée

rouge .semblant issue

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il me faut l’écrire

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d’autres couleurs et

vues de fleuves

.

au cœur du motif

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tous larges .chargés

d’embarcations

.

de commerce

.

de longues peines

et de chants

.

communs

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ainsi descendant le Niger

humeurs premières

furent celles

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d’un corps-poème

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Isabelle Garron 2010

Extrait de Corps Fut, à paraître en 2011, dans la collection Poésie Flammarion

  1. 2012 novembre 1
    micoud permalink

    les mots l’écriture sont encore un besoin pour moi, merci pour ces textes, presque voyage

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