Projet d’architecture en grenier

Le jour occidental

 

 

Structuré à la manière d’un Merzbau, le projet de François Tilly consiste à bâtir une cathédrale de décombres imaginaires, une architecture mentale qui s’étendrait à l’échelle d’une cité. Les plans de ce for intérieur se reconfigurent en permanence, à la vitesse des énoncés qui les établissent. Ce faisant, ils décrivent un enfer dont les cercles, en convoquant la chaîne signifiante du langage, procèdent d’un déroulement, par définition infini.

 

La cité fictionnelle que François Tilly conçoit ainsi, se déconstruit en se construisant, forme une architecture d’air, un chantier d’images en devenir. Ses principes d’édification correspondent aux processus mémoriels : le nouveau s’érige à partir des structures de l’ancien et l’ancien ne peut être conservé que dans la reconstruction. Avançant en rond dans la nuit de ses descriptions, traversant des espaces où les édifices du possible changent à vue, le lecteur de ce projet pénètre un univers qui se consume dans son évocation.

 

Choisir le langage comme matériau de construction, c’est concrétiser l’idée de la perte, comme si rien n’avait de valeur en dehors de celle-ci. Les fragments que François Tilly agence afin de réaliser son projet utopique, campent une vision du monde occidental où l’esthétique des ruines domine, un monde où, suivant l’étymologie même du terme « occidental », le soleil se couche et n’en finit pas de se coucher.

 

 

 

Projet d’architecture en grenier

Le jour occidental